Les contributions

Contribution n°23 (Web)

Anonyme
Déposée le 13 septembre 2026 à 15h07
Je souhaite, par la présente, émettre un avis défavorable au projet de SCoT du Pays des Écrins en l’état, en raison notamment de l’objectif [...]
Je souhaite, par la présente, émettre un avis défavorable au projet de SCoT du Pays des Écrins en l’état, en raison notamment de l’objectif affiché de renaturer environ 2 hectares de la zone de stationnement du Pré de Madame Carle, signifiant la modification de l’état actuel et son utilisation. Le rapport environnemental du SCoT indique en effet, dans sa « Zone 6 », qu’il est prévu de « renaturer sur une superficie d’environ 2 ha la zone de stationnement du refuge du Pré de Madame Carle » d’ici à 2032.

Un objectif de cette ampleur ne peut, à mon sens, être inscrit dans un document d’urbanisme structurant pour le territoire sans que ses conséquences aient été suffisamment étudiées, expliquées et débattues.

1. Une absence d’étude globale sur les conséquences pour la vallée
La suppression ou la transformation d’une emprise de stationnement au Pré de Mme Carle ne concerne pas uniquement le parking lui-même. Elle aura nécessairement des conséquences sur l’ensemble de la vallée : circulation, stationnement de report, accès aux sites de montagne, activité touristique, fonctionnement des commerces et hébergements, fréquentation d’Ailefroide et des autres secteurs de la vallée, sécurité et gestion des flux en période estivale.

Or, je ne constate pas, dans les documents du SCoT, d’étude suffisamment précise permettant d’évaluer globalement ces conséquences et de présenter un véritable scénario de transition.

Il ne paraît pas raisonnable de décider de la renaturation de deux hectares sans avoir préalablement répondu à des questions essentielles : où seront reportés les véhicules ? Quelles capacités de stationnement seront nécessaires ? Comment seront organisées les navettes et les mobilités alternatives ? Quelles seront les conséquences économiques et touristiques ? Comment sera assurée l’accessibilité aux pratiquants de la montagne, aux habitants, au jeune public pour les initier à la haute-montagne, aux professionnels et aux services de secours ? Quelles conséquences paysagères et environnementales des éventuels nouveaux aménagements nécessaires en compensation ?

Ces questions sont d’autant plus importantes dans le contexte actuel, marqué par les événements torrentiels récents et par la nécessité de réfléchir à long terme sur les accès au Pré de Madame Carle.

2. Une concertation inexistante avec la population et les acteurs locaux
Un projet susceptible de modifier profondément l'accès et les usages d'un site aussi emblématique du territoire devrait faire l'objet d'une concertation approfondie avec les habitants, les professionnels, les associations, les pratiquants de la montagne et l'ensemble des acteurs concernés.
La population doit pouvoir comprendre précisément ce qui est envisagé : où sera reporté le stationnement ? selon quel calendrier ? avec quels moyens financiers et quelles solutions alternatives ? pour quelles conséquences immédiates et à long terme ?
Inscrire un objectif aussi précis que la renaturation de deux hectares dans le SCoT sans avoir préalablement défini et partagé les conditions de cette transition me paraît prématuré.

3. La nécessité d'une transition progressive et anticipée
Je ne remets pas la nécessité de mieux préserver le site du Pré de Madame Carle. Au contraire, cet objectif peut être pertinent sur le plan environnemental.

En revanche, la méthode et le calendrier doivent être adaptés aux réalités du territoire.
Une transformation aussi importante doit être anticipée et accompagnée. Elle doit permettre de mettre progressivement en place des solutions alternatives : stationnements relais, navettes, amélioration des mobilités collectives, organisation des flux, information des visiteurs, accompagnement des professionnels. Les études doivent quantifier l’impact sur l’économie, et en fonction, les élus locaux devront plancher sur une transition progressive de l’économie de la vallée, tournée vers le tourisme depuis un siècle et demi.

Ainsi, une réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du parking pourrait constituer une première étape beaucoup plus réaliste. Elles permettraient d'expérimenter de nouvelles modalités d'accès, d'en mesurer les conséquences et d'adapter progressivement le dispositif avant d'envisager une renaturation complète du site. Cette approche serait également cohérente avec l'historique des réflexions sur le site - notamment de la part du Parc national des Ecrins.

4. Vigilance particulière au regard du décret de création du Parc national des Ecrins et de sa Charte

Il existe par ailleurs un élément juridique qui me paraît devoir être explicitement pris en compte dans l'analyse de compatibilité du SCoT. Le décret n° 73-378 du 27 mars 1973 promulgué à la création du Parc national des Ecrins, puis dans le décret n° 2009-448 du 21 avril 2009 relatif au Parc national des Écrins prévoit, dans son article 22, le maintien de l’accès des véhicules jusqu’aux parcs de stationnement aménagés à proximité, notamment « du refuge du Pré de Madame Carle (commune de Pelvoux, département des Hautes-Alpes) ».

Cette disposition constitue une exception spécifique au principe général d’interdiction de la circulation motorisée dans le cœur du Parc. Le Parc national des Écrins reprend d'ailleurs actuellement cette règle dans sa présentation officielle de la circulation motorisée et indique expressément que l'accès des véhicules est maintenu jusqu'aux parcs de stationnement aménagés à proximité du refuge du Pré de Madame Carle.

La Charte du Parc national des Écrins, élaborée après le décret de 2009 et approuvée en 2012, s'inscrit dans ce même cadre réglementaire. Le Parc rappelle lui-même que le décret n° 2009-448 constitue le texte ayant adapté la réglementation du Parc à la loi de 2006 et que la Charte a ensuite été élaborée avec les acteurs du territoire.

Il ne s'agit pas pour autant de considérer que ce texte garantirait le maintien du tracé actuel de la route, ni qu'il imposerait le maintien du nombre actuel de places de stationnement. En revanche, il me paraît juridiquement nécessaire que le SCoT démontre explicitement comment son objectif de renaturation de 2 hectares est compatible avec cette disposition réglementaire qui maintient l'accès des véhicules aux parcs de stationnement aménagés à proximité du refuge.

Si le stationnement actuel devait être fortement réduit ou supprimé, le SCoT devrait donc démontrer comment son objectif de renaturation s'articule avec cette disposition réglementaire et quelle solution alternative permettra d'assurer le maintien de cette fonction d'accès et de stationnement : nouveau parking, stationnement déplacé, parking-relais, navette, accès réglementé, dispositif spécifique pour les professionnels, les usagers de la haute montagne et les services de secours, etc.

À défaut, la compatibilité entre l'orientation du SCoT et le régime particulier applicable au cœur du Parc n'est pas suffisamment démontrée.

5. Une disposition qui doit être nuancée dans le SCoT
Je demande donc que la rédaction du SCoT soit réexaminée et, à tout le moins, nuancée.
Plutôt que d'inscrire comme objectif la renaturation d'environ deux hectares de la zone de stationnement, il serait préférable de prévoir un objectif de réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du site, conditionné à la réalisation des études nécessaires, à la mise en place de solutions alternatives de mobilité et de stationnement et à une véritable concertation avec les habitants et les acteurs locaux.

Le SCoT doit donner une direction au territoire, mais il ne doit pas figer prématurément une solution dont les conséquences n'ont pas encore été suffisamment étudiées. En conclusion, je considère que l'objectif de renaturation de deux hectares du parking du Pré de Madame Carle, dans sa rédaction actuelle, apparaît trop figé et restrictif, insuffisamment justifié et insuffisamment accompagné par un véritable projet de transition. La protection de l'environnement et la préservation du Pré de Madame Carle ne doivent pas être opposées aux besoins du territoire : elles doivent être construites avec les habitants et les acteurs locaux, dans une démarche anticipée, progressive et concertée.

Je demande donc à la commission d'enquête de prendre en considération ces observations et de rendre un avis défavorable au projet de SCoT en l'état, ou, à tout le moins, de demander que cette disposition soit profondément réexaminée et reformulée afin de privilégier la réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du parking, accompagnée d'études d'impact à l'échelle de la vallée, d'une concertation approfondie et de solutions concrètes de report du stationnement et de mobilité.

Contribution n°22 (Web)

Par Etienne robert
Déposée le 13 septembre 2026 à 14h56
Je souhaite, par la présente, émettre un avis défavorable au projet de SCoT du Pays des Écrins en l’état, en raison notamment de l’objectif [...]
Je souhaite, par la présente, émettre un avis défavorable au projet de SCoT du Pays des Écrins en l’état, en raison notamment de l’objectif affiché de renaturer environ 2 hectares de la zone de stationnement du Pré de Madame Carle, signifiant la modification de l’état actuel et son utilisation. Le rapport environnemental du SCoT indique en effet, dans sa « Zone 6 », qu’il est prévu de « renaturer sur une superficie d’environ 2 ha la zone de stationnement du refuge du Pré de Madame Carle » d’ici à 2032.

Un objectif de cette ampleur ne peut, à mon sens, être inscrit dans un document d’urbanisme structurant pour le territoire sans que ses conséquences aient été suffisamment étudiées, expliquées et débattues.

1. Une absence d’étude globale sur les conséquences pour la vallée
La suppression ou la transformation d’une emprise de stationnement au Pré de Mme Carle ne concerne pas uniquement le parking lui-même. Elle aura nécessairement des conséquences sur l’ensemble de la vallée : circulation, stationnement de report, accès aux sites de montagne, activité touristique, fonctionnement des commerces et hébergements, fréquentation d’Ailefroide et des autres secteurs de la vallée, sécurité et gestion des flux en période estivale.

Or, je ne constate pas, dans les documents du SCoT, d’étude suffisamment précise permettant d’évaluer globalement ces conséquences et de présenter un véritable scénario de transition.

Il ne paraît pas raisonnable de décider de la renaturation de deux hectares sans avoir préalablement répondu à des questions essentielles : où seront reportés les véhicules ? Quelles capacités de stationnement seront nécessaires ? Comment seront organisées les navettes et les mobilités alternatives ? Quelles seront les conséquences économiques et touristiques ? Comment sera assurée l’accessibilité aux pratiquants de la montagne, aux habitants, au jeune public pour les initier à la haute-montagne, aux professionnels et aux services de secours ? Quelles conséquences paysagères et environnementales des éventuels nouveaux aménagements nécessaires en compensation ?

Ces questions sont d’autant plus importantes dans le contexte actuel, marqué par les événements torrentiels récents et par la nécessité de réfléchir à long terme sur les accès au Pré de Madame Carle.

2. Une concertation inexistante avec la population et les acteurs locaux
Un projet susceptible de modifier profondément l'accès et les usages d'un site aussi emblématique du territoire devrait faire l'objet d'une concertation approfondie avec les habitants, les professionnels, les associations, les pratiquants de la montagne et l'ensemble des acteurs concernés.
La population doit pouvoir comprendre précisément ce qui est envisagé : où sera reporté le stationnement ? selon quel calendrier ? avec quels moyens financiers et quelles solutions alternatives ? pour quelles conséquences immédiates et à long terme ?
Inscrire un objectif aussi précis que la renaturation de deux hectares dans le SCoT sans avoir préalablement défini et partagé les conditions de cette transition me paraît prématuré.

3. La nécessité d'une transition progressive et anticipée
Je ne remets pas la nécessité de mieux préserver le site du Pré de Madame Carle. Au contraire, cet objectif peut être pertinent sur le plan environnemental.

En revanche, la méthode et le calendrier doivent être adaptés aux réalités du territoire.
Une transformation aussi importante doit être anticipée et accompagnée. Elle doit permettre de mettre progressivement en place des solutions alternatives : stationnements relais, navettes, amélioration des mobilités collectives, organisation des flux, information des visiteurs, accompagnement des professionnels. Les études doivent quantifier l’impact sur l’économie, et en fonction, les élus locaux devront plancher sur une transition progressive de l’économie de la vallée, tournée vers le tourisme depuis un siècle et demi.

Ainsi, une réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du parking pourrait constituer une première étape beaucoup plus réaliste. Elles permettraient d'expérimenter de nouvelles modalités d'accès, d'en mesurer les conséquences et d'adapter progressivement le dispositif avant d'envisager une renaturation complète du site. Cette approche serait également cohérente avec l'historique des réflexions sur le site - notamment de la part du Parc national des Ecrins.

4. Vigilance particulière au regard du décret de création du Parc national des Ecrins et de sa Charte

Il existe par ailleurs un élément juridique qui me paraît devoir être explicitement pris en compte dans l'analyse de compatibilité du SCoT. Le décret n° 73-378 du 27 mars 1973 promulgué à la création du Parc national des Ecrins, puis dans le décret n° 2009-448 du 21 avril 2009 relatif au Parc national des Écrins prévoit, dans son article 22, le maintien de l’accès des véhicules jusqu’aux parcs de stationnement aménagés à proximité, notamment « du refuge du Pré de Madame Carle (commune de Pelvoux, département des Hautes-Alpes) ».

Cette disposition constitue une exception spécifique au principe général d’interdiction de la circulation motorisée dans le cœur du Parc. Le Parc national des Écrins reprend d'ailleurs actuellement cette règle dans sa présentation officielle de la circulation motorisée et indique expressément que l'accès des véhicules est maintenu jusqu'aux parcs de stationnement aménagés à proximité du refuge du Pré de Madame Carle.

La Charte du Parc national des Écrins, élaborée après le décret de 2009 et approuvée en 2012, s'inscrit dans ce même cadre réglementaire. Le Parc rappelle lui-même que le décret n° 2009-448 constitue le texte ayant adapté la réglementation du Parc à la loi de 2006 et que la Charte a ensuite été élaborée avec les acteurs du territoire.

Il ne s'agit pas pour autant de considérer que ce texte garantirait le maintien du tracé actuel de la route, ni qu'il imposerait le maintien du nombre actuel de places de stationnement. En revanche, il me paraît juridiquement nécessaire que le SCoT démontre explicitement comment son objectif de renaturation de 2 hectares est compatible avec cette disposition réglementaire qui maintient l'accès des véhicules aux parcs de stationnement aménagés à proximité du refuge.

Si le stationnement actuel devait être fortement réduit ou supprimé, le SCoT devrait donc démontrer comment son objectif de renaturation s'articule avec cette disposition réglementaire et quelle solution alternative permettra d'assurer le maintien de cette fonction d'accès et de stationnement : nouveau parking, stationnement déplacé, parking-relais, navette, accès réglementé, dispositif spécifique pour les professionnels, les usagers de la haute montagne et les services de secours, etc.

À défaut, la compatibilité entre l'orientation du SCoT et le régime particulier applicable au cœur du Parc n'est pas suffisamment démontrée.

5. Une disposition qui doit être nuancée dans le SCoT
Je demande donc que la rédaction du SCoT soit réexaminée et, à tout le moins, nuancée.
Plutôt que d'inscrire comme objectif la renaturation d'environ deux hectares de la zone de stationnement, il serait préférable de prévoir un objectif de réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du site, conditionné à la réalisation des études nécessaires, à la mise en place de solutions alternatives de mobilité et de stationnement et à une véritable concertation avec les habitants et les acteurs locaux.

Le SCoT doit donner une direction au territoire, mais il ne doit pas figer prématurément une solution dont les conséquences n'ont pas encore été suffisamment étudiées. En conclusion, je considère que l'objectif de renaturation de deux hectares du parking du Pré de Madame Carle, dans sa rédaction actuelle, apparaît trop figé et restrictif, insuffisamment justifié et insuffisamment accompagné par un véritable projet de transition. La protection de l'environnement et la préservation du Pré de Madame Carle ne doivent pas être opposées aux besoins du territoire : elles doivent être construites avec les habitants et les acteurs locaux, dans une démarche anticipée, progressive et concertée.

Je demande donc à la commission d'enquête de prendre en considération ces observations et de rendre un avis défavorable au projet de SCoT en l'état, ou, à tout le moins, de demander que cette disposition soit profondément réexaminée et reformulée afin de privilégier la réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du parking, accompagnée d'études d'impact à l'échelle de la vallée, d'une concertation approfondie et de solutions concrètes de report du stationnement et de mobilité.

Contribution n°21 (Web)

Par Caire sebastien
Déposée le 13 septembre 2026 à 13h58
Je souhaite, par la présente, émettre un avis défavorable au projet de SCoT du Pays des Écrins en l’état, en raison notamment de l’objectif [...]
Je souhaite, par la présente, émettre un avis défavorable au projet de SCoT du Pays des Écrins en l’état, en raison notamment de l’objectif affiché de renaturer environ 2 hectares de la zone de stationnement du Pré de Madame Carle, signifiant la modification de l’état actuel et son utilisation. Le rapport environnemental du SCoT indique en effet, dans sa « Zone 6 », qu’il est prévu de « renaturer sur une superficie d’environ 2 ha la zone de stationnement du refuge du Pré de Madame Carle » d’ici à 2032.

Un objectif de cette ampleur ne peut, à mon sens, être inscrit dans un document d’urbanisme structurant pour le territoire sans que ses conséquences aient été suffisamment étudiées, expliquées et débattues.

1. Une absence d’étude globale sur les conséquences pour la vallée
La suppression ou la transformation d’une emprise de stationnement au Pré de Mme Carle ne concerne pas uniquement le parking lui-même. Elle aura nécessairement des conséquences sur l’ensemble de la vallée : circulation, stationnement de report, accès aux sites de montagne, activité touristique, fonctionnement des commerces et hébergements, fréquentation d’Ailefroide et des autres secteurs de la vallée, sécurité et gestion des flux en période estivale.

Or, je ne constate pas, dans les documents du SCoT, d’étude suffisamment précise permettant d’évaluer globalement ces conséquences et de présenter un véritable scénario de transition.

Il ne paraît pas raisonnable de décider de la renaturation de deux hectares sans avoir préalablement répondu à des questions essentielles : où seront reportés les véhicules ? Quelles capacités de stationnement seront nécessaires ? Comment seront organisées les navettes et les mobilités alternatives ? Quelles seront les conséquences économiques et touristiques ? Comment sera assurée l’accessibilité aux pratiquants de la montagne, aux habitants, au jeune public pour les initier à la haute-montagne, aux professionnels et aux services de secours ? Quelles conséquences paysagères et environnementales des éventuels nouveaux aménagements nécessaires en compensation ?

Ces questions sont d’autant plus importantes dans le contexte actuel, marqué par les événements torrentiels récents et par la nécessité de réfléchir à long terme sur les accès au Pré de Madame Carle.

2. Une concertation inexistante avec la population et les acteurs locaux
Un projet susceptible de modifier profondément l'accès et les usages d'un site aussi emblématique du territoire devrait faire l'objet d'une concertation approfondie avec les habitants, les professionnels, les associations, les pratiquants de la montagne et l'ensemble des acteurs concernés.
La population doit pouvoir comprendre précisément ce qui est envisagé : où sera reporté le stationnement ? selon quel calendrier ? avec quels moyens financiers et quelles solutions alternatives ? pour quelles conséquences immédiates et à long terme ?
Inscrire un objectif aussi précis que la renaturation de deux hectares dans le SCoT sans avoir préalablement défini et partagé les conditions de cette transition me paraît prématuré.

3. La nécessité d'une transition progressive et anticipée
Je ne remets pas la nécessité de mieux préserver le site du Pré de Madame Carle. Au contraire, cet objectif peut être pertinent sur le plan environnemental.

En revanche, la méthode et le calendrier doivent être adaptés aux réalités du territoire.
Une transformation aussi importante doit être anticipée et accompagnée. Elle doit permettre de mettre progressivement en place des solutions alternatives : stationnements relais, navettes, amélioration des mobilités collectives, organisation des flux, information des visiteurs, accompagnement des professionnels. Les études doivent quantifier l’impact sur l’économie, et en fonction, les élus locaux devront plancher sur une transition progressive de l’économie de la vallée, tournée vers le tourisme depuis un siècle et demi.

Ainsi, une réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du parking pourrait constituer une première étape beaucoup plus réaliste. Elles permettraient d'expérimenter de nouvelles modalités d'accès, d'en mesurer les conséquences et d'adapter progressivement le dispositif avant d'envisager une renaturation complète du site. Cette approche serait également cohérente avec l'historique des réflexions sur le site - notamment de la part du Parc national des Ecrins.

4. Vigilance particulière au regard du décret de création du Parc national des Ecrins et de sa Charte

Il existe par ailleurs un élément juridique qui me paraît devoir être explicitement pris en compte dans l'analyse de compatibilité du SCoT. Le décret n° 73-378 du 27 mars 1973 promulgué à la création du Parc national des Ecrins, puis dans le décret n° 2009-448 du 21 avril 2009 relatif au Parc national des Écrins prévoit, dans son article 22, le maintien de l’accès des véhicules jusqu’aux parcs de stationnement aménagés à proximité, notamment « du refuge du Pré de Madame Carle (commune de Pelvoux, département des Hautes-Alpes) ».

Cette disposition constitue une exception spécifique au principe général d’interdiction de la circulation motorisée dans le cœur du Parc. Le Parc national des Écrins reprend d'ailleurs actuellement cette règle dans sa présentation officielle de la circulation motorisée et indique expressément que l'accès des véhicules est maintenu jusqu'aux parcs de stationnement aménagés à proximité du refuge du Pré de Madame Carle.

La Charte du Parc national des Écrins, élaborée après le décret de 2009 et approuvée en 2012, s'inscrit dans ce même cadre réglementaire. Le Parc rappelle lui-même que le décret n° 2009-448 constitue le texte ayant adapté la réglementation du Parc à la loi de 2006 et que la Charte a ensuite été élaborée avec les acteurs du territoire.

Il ne s'agit pas pour autant de considérer que ce texte garantirait le maintien du tracé actuel de la route, ni qu'il imposerait le maintien du nombre actuel de places de stationnement. En revanche, il me paraît juridiquement nécessaire que le SCoT démontre explicitement comment son objectif de renaturation de 2 hectares est compatible avec cette disposition réglementaire qui maintient l'accès des véhicules aux parcs de stationnement aménagés à proximité du refuge.

Si le stationnement actuel devait être fortement réduit ou supprimé, le SCoT devrait donc démontrer comment son objectif de renaturation s'articule avec cette disposition réglementaire et quelle solution alternative permettra d'assurer le maintien de cette fonction d'accès et de stationnement : nouveau parking, stationnement déplacé, parking-relais, navette, accès réglementé, dispositif spécifique pour les professionnels, les usagers de la haute montagne et les services de secours, etc.

À défaut, la compatibilité entre l'orientation du SCoT et le régime particulier applicable au cœur du Parc n'est pas suffisamment démontrée.

5. Une disposition qui doit être nuancée dans le SCoT
Je demande donc que la rédaction du SCoT soit réexaminée et, à tout le moins, nuancée.
Plutôt que d'inscrire comme objectif la renaturation d'environ deux hectares de la zone de stationnement, il serait préférable de prévoir un objectif de réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du site, conditionné à la réalisation des études nécessaires, à la mise en place de solutions alternatives de mobilité et de stationnement et à une véritable concertation avec les habitants et les acteurs locaux.

Le SCoT doit donner une direction au territoire, mais il ne doit pas figer prématurément une solution dont les conséquences n'ont pas encore été suffisamment étudiées. En conclusion, je considère que l'objectif de renaturation de deux hectares du parking du Pré de Madame Carle, dans sa rédaction actuelle, apparaît trop figé et restrictif, insuffisamment justifié et insuffisamment accompagné par un véritable projet de transition. La protection de l'environnement et la préservation du Pré de Madame Carle ne doivent pas être opposées aux besoins du territoire : elles doivent être construites avec les habitants et les acteurs locaux, dans une démarche anticipée, progressive et concertée.

Je demande donc à la commission d'enquête de prendre en considération ces observations et de rendre un avis défavorable au projet de SCoT en l'état, ou, à tout le moins, de demander que cette disposition soit profondément réexaminée et reformulée afin de privilégier la réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du parking, accompagnée d'études d'impact à l'échelle de la vallée, d'une concertation approfondie et de solutions concrètes de report du stationnement et de mobilité.

Contribution n°20 (Web)

Par Abderazak
Déposée le 13 septembre 2026 à 12h46
Ref AB#1
Document: ScoT Pays des Ecrins - annexe 3.2.3, page pdf 98

Commentaire:
Cette annexe traite de la renaturation du Pré de [...]
Ref AB#1
Document: ScoT Pays des Ecrins - annexe 3.2.3, page pdf 98

Commentaire:
Cette annexe traite de la renaturation du Pré de Mme Carles et mentionne " il s'agit de renaturer sur une superficie d' environ 2 ha la zone de stationnement du refuge du Pre de Mme Carles" .
(i) comme justification, il est mentionné des enjeux concernant la zone 7 alors que la renaturation traite de la zone 6 d'ou incoherence
(ii) au conseil municipal de Pelvoux-Vallouise du 10 septembre dernier, mme la Maire a ete interrogee sur le texte ci dessus et elle semble indiquer que c' etait un non probleme dans la mesure ou le parking pouvait etre consideré comme une zone naturel

Recommandation:
Enlever ce texte comme propose par Mme la Maire pour eviter toute ambiguite et instrumentalisation ulterieure.

Contribution n°19 (Web)

Anonyme
Déposée le 10 septembre 2026 à 11h03
D'après le projet de sCot la renaturation de 3ha sur Dormillouse et le Pré de mme Carles devrait contribuer à compenser l'artificialisation [...]
D'après le projet de sCot la renaturation de 3ha sur Dormillouse et le Pré de mme Carles devrait contribuer à compenser l'artificialisation des projets communautaires.
le prix à payer est lourd, d'autant plus que l'on sait que l'artificialisation pour de nouvelles constructions de logement est très peu efficace;
Nous avons déjà un territoire très "mité" et sur Vallouise Pelvoux l'ouverture de nouvelles zones à la construction à l'occasion du PLU 2017 n'a fait qu'accentuer ce phénomène. A titre d'exemple : une dizaine de parcelles déclarées constructibles, 2 constructions de résidences secondaires en tout. Rendement de 20% et nouveau mitage de 80%.
Il y a sans doute d'autres leviers à actionner : logements vacants, biens sans maître, préemption, .... avant de priver toute une vallée de l'accès à ses sites remarquables.

Contribution n°18 (Web)

Anonyme
Déposée le 8 septembre 2026 à 23h00
Je souhaite, par la présente, émettre un avis défavorable au projet de SCoT du Pays des Écrins en l’état, en raison notamment de l’objectif [...]
Je souhaite, par la présente, émettre un avis défavorable au projet de SCoT du Pays des Écrins en l’état, en raison notamment de l’objectif affiché de renaturer environ 2 hectares de la zone de stationnement du Pré de Madame Carle, signifiant la modification de l’état actuel et son utilisation. Le rapport environnemental du SCoT indique en effet, dans sa « Zone 6 », qu’il est prévu de « renaturer sur une superficie d’environ 2 ha la zone de stationnement du refuge du Pré de Madame Carle » d’ici à 2032.

Un objectif de cette ampleur ne peut, à mon sens, être inscrit dans un document d’urbanisme structurant pour le territoire sans que ses conséquences aient été suffisamment étudiées, expliquées et débattues.

1. Une absence d’étude globale sur les conséquences pour la vallée
La suppression ou la transformation d’une emprise de stationnement au Pré de Mme Carle ne concerne pas uniquement le parking lui-même. Elle aura nécessairement des conséquences sur l’ensemble de la vallée : circulation, stationnement de report, accès aux sites de montagne, activité touristique, fonctionnement des commerces et hébergements, fréquentation d’Ailefroide et des autres secteurs de la vallée, sécurité et gestion des flux en période estivale.

Or, je ne constate pas, dans les documents du SCoT, d’étude suffisamment précise permettant d’évaluer globalement ces conséquences et de présenter un véritable scénario de transition.

Il ne paraît pas raisonnable de décider de la renaturation de deux hectares sans avoir préalablement répondu à des questions essentielles : où seront reportés les véhicules ? Quelles capacités de stationnement seront nécessaires ? Comment seront organisées les navettes et les mobilités alternatives ? Quelles seront les conséquences économiques et touristiques ? Comment sera assurée l’accessibilité aux pratiquants de la montagne, aux habitants, au jeune public pour les initier à la haute-montagne, aux professionnels et aux services de secours ? Quelles conséquences paysagères et environnementales des éventuels nouveaux aménagements nécessaires en compensation ?

Ces questions sont d’autant plus importantes dans le contexte actuel, marqué par les événements torrentiels récents et par la nécessité de réfléchir à long terme sur les accès au Pré de Madame Carle.

2. Une concertation inexistante avec la population et les acteurs locaux
Un projet susceptible de modifier profondément l'accès et les usages d'un site aussi emblématique du territoire devrait faire l'objet d'une concertation approfondie avec les habitants, les professionnels, les associations, les pratiquants de la montagne et l'ensemble des acteurs concernés.
La population doit pouvoir comprendre précisément ce qui est envisagé : où sera reporté le stationnement ? selon quel calendrier ? avec quels moyens financiers et quelles solutions alternatives ? pour quelles conséquences immédiates et à long terme ?
Inscrire un objectif aussi précis que la renaturation de deux hectares dans le SCoT sans avoir préalablement défini et partagé les conditions de cette transition me paraît prématuré.

3. La nécessité d'une transition progressive et anticipée
Je ne remets pas la nécessité de mieux préserver le site du Pré de Madame Carle. Au contraire, cet objectif peut être pertinent sur le plan environnemental.

En revanche, la méthode et le calendrier doivent être adaptés aux réalités du territoire.
Une transformation aussi importante doit être anticipée et accompagnée. Elle doit permettre de mettre progressivement en place des solutions alternatives : stationnements relais, navettes, amélioration des mobilités collectives, organisation des flux, information des visiteurs, accompagnement des professionnels. Les études doivent quantifier l’impact sur l’économie, et en fonction, les élus locaux devront plancher sur une transition progressive de l’économie de la vallée, tournée vers le tourisme depuis un siècle et demi.

Ainsi, une réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du parking pourrait constituer une première étape beaucoup plus réaliste. Elles permettraient d'expérimenter de nouvelles modalités d'accès, d'en mesurer les conséquences et d'adapter progressivement le dispositif avant d'envisager une renaturation complète du site. Cette approche serait également cohérente avec l'historique des réflexions sur le site - notamment de la part du Parc national des Ecrins.

4. Vigilance particulière au regard du décret de création du Parc national des Ecrins et de sa Charte

Il existe par ailleurs un élément juridique qui me paraît devoir être explicitement pris en compte dans l'analyse de compatibilité du SCoT. Le décret n° 73-378 du 27 mars 1973 promulgué à la création du Parc national des Ecrins, puis dans le décret n° 2009-448 du 21 avril 2009 relatif au Parc national des Écrins prévoit, dans son article 22, le maintien de l’accès des véhicules jusqu’aux parcs de stationnement aménagés à proximité, notamment « du refuge du Pré de Madame Carle (commune de Pelvoux, département des Hautes-Alpes) ».

Cette disposition constitue une exception spécifique au principe général d’interdiction de la circulation motorisée dans le cœur du Parc. Le Parc national des Écrins reprend d'ailleurs actuellement cette règle dans sa présentation officielle de la circulation motorisée et indique expressément que l'accès des véhicules est maintenu jusqu'aux parcs de stationnement aménagés à proximité du refuge du Pré de Madame Carle.

La Charte du Parc national des Écrins, élaborée après le décret de 2009 et approuvée en 2012, s'inscrit dans ce même cadre réglementaire. Le Parc rappelle lui-même que le décret n° 2009-448 constitue le texte ayant adapté la réglementation du Parc à la loi de 2006 et que la Charte a ensuite été élaborée avec les acteurs du territoire.

Il ne s'agit pas pour autant de considérer que ce texte garantirait le maintien du tracé actuel de la route, ni qu'il imposerait le maintien du nombre actuel de places de stationnement. En revanche, il me paraît juridiquement nécessaire que le SCoT démontre explicitement comment son objectif de renaturation de 2 hectares est compatible avec cette disposition réglementaire qui maintient l'accès des véhicules aux parcs de stationnement aménagés à proximité du refuge.

Si le stationnement actuel devait être fortement réduit ou supprimé, le SCoT devrait donc démontrer comment son objectif de renaturation s'articule avec cette disposition réglementaire et quelle solution alternative permettra d'assurer le maintien de cette fonction d'accès et de stationnement : nouveau parking, stationnement déplacé, parking-relais, navette, accès réglementé, dispositif spécifique pour les professionnels, les usagers de la haute montagne et les services de secours, etc.

À défaut, la compatibilité entre l'orientation du SCoT et le régime particulier applicable au cœur du Parc n'est pas suffisamment démontrée.

5. Une disposition qui doit être nuancée dans le SCoT
Je demande donc que la rédaction du SCoT soit réexaminée et, à tout le moins, nuancée.
Plutôt que d'inscrire comme objectif la renaturation d'environ deux hectares de la zone de stationnement, il serait préférable de prévoir un objectif de réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du site, conditionné à la réalisation des études nécessaires, à la mise en place de solutions alternatives de mobilité et de stationnement et à une véritable concertation avec les habitants et les acteurs locaux.

Le SCoT doit donner une direction au territoire, mais il ne doit pas figer prématurément une solution dont les conséquences n'ont pas encore été suffisamment étudiées. En conclusion, je considère que l'objectif de renaturation de deux hectares du parking du Pré de Madame Carle, dans sa rédaction actuelle, apparaît trop figé et restrictif, insuffisamment justifié et insuffisamment accompagné par un véritable projet de transition. La protection de l'environnement et la préservation du Pré de Madame Carle ne doivent pas être opposées aux besoins du territoire : elles doivent être construites avec les habitants et les acteurs locaux, dans une démarche anticipée, progressive et concertée.

Je demande donc à la commission d'enquête de prendre en considération ces observations et de rendre un avis défavorable au projet de SCoT en l'état, ou, à tout le moins, de demander que cette disposition soit profondément réexaminée et reformulée afin de privilégier la réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du parking, accompagnée d'études d'impact à l'échelle de la vallée, d'une concertation approfondie et de solutions concrètes de report du stationnement et de mobilité.

Contribution n°17 (Web)

Par Morand Jules
Déposée le 8 septembre 2026 à 22h43
Pour moi, il paraît impensable de ne pas reconstruire la route du Pré de Madame Carle. Cette dernière offre un accès direct aux Écrins, [...]
Pour moi, il paraît impensable de ne pas reconstruire la route du Pré de Madame Carle. Cette dernière offre un accès direct aux Écrins, qui constituent l’un des plus beaux terrains de jeu de France en matière d’alpinisme. Derrière cet accès, il y a également tout un écosystème économique et humain : les refuges, les guides, les accompagnateurs, les chasseurs, mais aussi tous les emplois qui gravitent autour de ces activités.

Il ne faut surtout pas oublier la profession agricole, qui est elle aussi très importante et qui, à mon sens, n’est pas suffisamment mise en avant lorsqu’on parle des conséquences du changement climatique et des transformations de notre vallée.

Un quartier à brebis, aujourd’hui abandonné mais qui était autrefois pâturé, se trouve notamment au niveau du camp militaire et pourrait s’étendre jusqu’aux Plans de Dormillouse. Il pourrait être intéressant de réfléchir à la possibilité de relancer cette pâture. L’agriculture joue un rôle essentiel dans l’entretien des espaces, la préservation des paysages et le maintien d’une activité dans nos montagnes.

De plus, le parking actuel, en gravier et en partie ensablé, ne me semble pas présenter de désavantages majeurs pour la faune et la flore, notamment au regard de l’importance de maintenir un accès au site.

En revanche, si un maximum de voitures devait à l’avenir être contraint de se garer beaucoup plus bas, cela pourrait avoir un impact important sur l’agriculture, qui est déjà mise à rude épreuve dans notre vallée. Les déplacements, le transport du matériel et l’accès aux secteurs pâturés deviendraient forcément plus compliqués.

Il me semble donc important de ne pas opposer systématiquement protection de l’environnement, tourisme et agriculture. Il faut au contraire chercher un équilibre permettant de préserver notre patrimoine naturel tout en maintenant les activités humaines qui font vivre notre vallée.

C’est justement cette complémentarité entre agriculture, tourisme, alpinisme et protection de la montagne qui fait, selon moi, la richesse des Écrins.

Contribution n°16 (Web)

Par Jean Paul Roux
Déposée le 8 septembre 2026 à 22h42
Je souhaite, par la présente, émettre un avis défavorable au projet de SCoT du Pays des Écrins en l’état, en raison notamment de l’objectif [...]
Je souhaite, par la présente, émettre un avis défavorable au projet de SCoT du Pays des Écrins en l’état, en raison notamment de l’objectif affiché de renaturer environ 2 hectares de la zone de stationnement du Pré de Madame Carle, signifiant la modification de l’état actuel et son utilisation. Le rapport environnemental du SCoT indique en effet, dans sa « Zone 6 », qu’il est prévu de « renaturer sur une superficie d’environ 2 ha la zone de stationnement du refuge du Pré de Madame Carle » d’ici à 2032.

Un objectif de cette ampleur ne peut, à mon sens, être inscrit dans un document d’urbanisme structurant pour le territoire sans que ses conséquences aient été suffisamment étudiées, expliquées et débattues.

1. Une absence d’étude globale sur les conséquences pour la vallée
La suppression ou la transformation d’une emprise de stationnement au Pré de Mme Carle ne concerne pas uniquement le parking lui-même. Elle aura nécessairement des conséquences sur l’ensemble de la vallée : circulation, stationnement de report, accès aux sites de montagne, activité touristique, fonctionnement des commerces et hébergements, fréquentation d’Ailefroide et des autres secteurs de la vallée, sécurité et gestion des flux en période estivale.

Or, je ne constate pas, dans les documents du SCoT, d’étude suffisamment précise permettant d’évaluer globalement ces conséquences et de présenter un véritable scénario de transition.

Il ne paraît pas raisonnable de décider de la renaturation de deux hectares sans avoir préalablement répondu à des questions essentielles : où seront reportés les véhicules ? Quelles capacités de stationnement seront nécessaires ? Comment seront organisées les navettes et les mobilités alternatives ? Quelles seront les conséquences économiques et touristiques ? Comment sera assurée l’accessibilité aux pratiquants de la montagne, aux habitants, au jeune public pour les initier à la haute-montagne, aux professionnels et aux services de secours ? Quelles conséquences paysagères et environnementales des éventuels nouveaux aménagements nécessaires en compensation ?

Ces questions sont d’autant plus importantes dans le contexte actuel, marqué par les événements torrentiels récents et par la nécessité de réfléchir à long terme sur les accès au Pré de Madame Carle.

2. Une concertation inexistante avec la population et les acteurs locaux
Un projet susceptible de modifier profondément l'accès et les usages d'un site aussi emblématique du territoire devrait faire l'objet d'une concertation approfondie avec les habitants, les professionnels, les associations, les pratiquants de la montagne et l'ensemble des acteurs concernés.
La population doit pouvoir comprendre précisément ce qui est envisagé : où sera reporté le stationnement ? selon quel calendrier ? avec quels moyens financiers et quelles solutions alternatives ? pour quelles conséquences immédiates et à long terme ?
Inscrire un objectif aussi précis que la renaturation de deux hectares dans le SCoT sans avoir préalablement défini et partagé les conditions de cette transition me paraît prématuré.

3. La nécessité d'une transition progressive et anticipée
Je ne remets pas la nécessité de mieux préserver le site du Pré de Madame Carle. Au contraire, cet objectif peut être pertinent sur le plan environnemental.

En revanche, la méthode et le calendrier doivent être adaptés aux réalités du territoire.
Une transformation aussi importante doit être anticipée et accompagnée. Elle doit permettre de mettre progressivement en place des solutions alternatives : stationnements relais, navettes, amélioration des mobilités collectives, organisation des flux, information des visiteurs, accompagnement des professionnels. Les études doivent quantifier l’impact sur l’économie, et en fonction, les élus locaux devront plancher sur une transition progressive de l’économie de la vallée, tournée vers le tourisme depuis un siècle et demi.

Ainsi, une réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du parking pourrait constituer une première étape beaucoup plus réaliste. Elles permettraient d'expérimenter de nouvelles modalités d'accès, d'en mesurer les conséquences et d'adapter progressivement le dispositif avant d'envisager une renaturation complète du site. Cette approche serait également cohérente avec l'historique des réflexions sur le site - notamment de la part du Parc national des Ecrins.

4. Vigilance particulière au regard du décret de création du Parc national des Ecrins et de sa Charte

Il existe par ailleurs un élément juridique qui me paraît devoir être explicitement pris en compte dans l'analyse de compatibilité du SCoT. Le décret n° 73-378 du 27 mars 1973 promulgué à la création du Parc national des Ecrins, puis dans le décret n° 2009-448 du 21 avril 2009 relatif au Parc national des Écrins prévoit, dans son article 22, le maintien de l’accès des véhicules jusqu’aux parcs de stationnement aménagés à proximité, notamment « du refuge du Pré de Madame Carle (commune de Pelvoux, département des Hautes-Alpes) ».

Cette disposition constitue une exception spécifique au principe général d’interdiction de la circulation motorisée dans le cœur du Parc. Le Parc national des Écrins reprend d'ailleurs actuellement cette règle dans sa présentation officielle de la circulation motorisée et indique expressément que l'accès des véhicules est maintenu jusqu'aux parcs de stationnement aménagés à proximité du refuge du Pré de Madame Carle.

La Charte du Parc national des Écrins, élaborée après le décret de 2009 et approuvée en 2012, s'inscrit dans ce même cadre réglementaire. Le Parc rappelle lui-même que le décret n° 2009-448 constitue le texte ayant adapté la réglementation du Parc à la loi de 2006 et que la Charte a ensuite été élaborée avec les acteurs du territoire.

Il ne s'agit pas pour autant de considérer que ce texte garantirait le maintien du tracé actuel de la route, ni qu'il imposerait le maintien du nombre actuel de places de stationnement. En revanche, il me paraît juridiquement nécessaire que le SCoT démontre explicitement comment son objectif de renaturation de 2 hectares est compatible avec cette disposition réglementaire qui maintient l'accès des véhicules aux parcs de stationnement aménagés à proximité du refuge.

Si le stationnement actuel devait être fortement réduit ou supprimé, le SCoT devrait donc démontrer comment son objectif de renaturation s'articule avec cette disposition réglementaire et quelle solution alternative permettra d'assurer le maintien de cette fonction d'accès et de stationnement : nouveau parking, stationnement déplacé, parking-relais, navette, accès réglementé, dispositif spécifique pour les professionnels, les usagers de la haute montagne et les services de secours, etc.

À défaut, la compatibilité entre l'orientation du SCoT et le régime particulier applicable au cœur du Parc n'est pas suffisamment démontrée.

5. Une disposition qui doit être nuancée dans le SCoT
Je demande donc que la rédaction du SCoT soit réexaminée et, à tout le moins, nuancée.
Plutôt que d'inscrire comme objectif la renaturation d'environ deux hectares de la zone de stationnement, il serait préférable de prévoir un objectif de réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du site, conditionné à la réalisation des études nécessaires, à la mise en place de solutions alternatives de mobilité et de stationnement et à une véritable concertation avec les habitants et les acteurs locaux.

Le SCoT doit donner une direction au territoire, mais il ne doit pas figer prématurément une solution dont les conséquences n'ont pas encore été suffisamment étudiées. En conclusion, je considère que l'objectif de renaturation de deux hectares du parking du Pré de Madame Carle, dans sa rédaction actuelle, apparaît trop figé et restrictif, insuffisamment justifié et insuffisamment accompagné par un véritable projet de transition. La protection de l'environnement et la préservation du Pré de Madame Carle ne doivent pas être opposées aux besoins du territoire : elles doivent être construites avec les habitants et les acteurs locaux, dans une démarche anticipée, progressive et concertée.

Je demande donc à la commission d'enquête de prendre en considération ces observations et de rendre un avis défavorable au projet de SCoT en l'état, ou, à tout le moins, de demander que cette disposition soit profondément réexaminée et reformulée afin de privilégier la réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du parking, accompagnée d'études d'impact à l'échelle de la vallée, d'une concertation approfondie et de solutions concrètes de report du stationnement et de mobilité.

Contribution n°15 (Web)

Anonyme
Déposée le 8 septembre 2026 à 22h03
Je souhaite, par la présente, émettre un avis défavorable au projet de SCoT du Pays des Écrins en l’état, en raison notamment de l’objectif [...]
Je souhaite, par la présente, émettre un avis défavorable au projet de SCoT du Pays des Écrins en l’état, en raison notamment de l’objectif affiché de renaturer environ 2 hectares de la zone de stationnement du Pré de Madame Carle, signifiant la modification de l’état actuel et son utilisation. Le rapport environnemental du SCoT indique en effet, dans sa « Zone 6 », qu’il est prévu de « renaturer sur une superficie d’environ 2 ha la zone de stationnement du refuge du Pré de Madame Carle » d’ici à 2032.

Un objectif de cette ampleur ne peut, à mon sens, être inscrit dans un document d’urbanisme structurant pour le territoire sans que ses conséquences aient été suffisamment étudiées, expliquées et débattues.

1. Une absence d’étude globale sur les conséquences pour la vallée
La suppression ou la transformation d’une emprise de stationnement au Pré de Mme Carle ne concerne pas uniquement le parking lui-même. Elle aura nécessairement des conséquences sur l’ensemble de la vallée : circulation, stationnement de report, accès aux sites de montagne, activité touristique, fonctionnement des commerces et hébergements, fréquentation d’Ailefroide et des autres secteurs de la vallée, sécurité et gestion des flux en période estivale.

Or, je ne constate pas, dans les documents du SCoT, d’étude suffisamment précise permettant d’évaluer globalement ces conséquences et de présenter un véritable scénario de transition.

Il ne paraît pas raisonnable de décider de la renaturation de deux hectares sans avoir préalablement répondu à des questions essentielles : où seront reportés les véhicules ? Quelles capacités de stationnement seront nécessaires ? Comment seront organisées les navettes et les mobilités alternatives ? Quelles seront les conséquences économiques et touristiques ? Comment sera assurée l’accessibilité aux pratiquants de la montagne, aux habitants, au jeune public pour les initier à la haute-montagne, aux professionnels et aux services de secours ? Quelles conséquences paysagères et environnementales des éventuels nouveaux aménagements nécessaires en compensation ?

Ces questions sont d’autant plus importantes dans le contexte actuel, marqué par les événements torrentiels récents et par la nécessité de réfléchir à long terme sur les accès au Pré de Madame Carle.

2. Une concertation inexistante avec la population et les acteurs locaux
Un projet susceptible de modifier profondément l'accès et les usages d'un site aussi emblématique du territoire devrait faire l'objet d'une concertation approfondie avec les habitants, les professionnels, les associations, les pratiquants de la montagne et l'ensemble des acteurs concernés.
La population doit pouvoir comprendre précisément ce qui est envisagé : où sera reporté le stationnement ? selon quel calendrier ? avec quels moyens financiers et quelles solutions alternatives ? pour quelles conséquences immédiates et à long terme ?
Inscrire un objectif aussi précis que la renaturation de deux hectares dans le SCoT sans avoir préalablement défini et partagé les conditions de cette transition me paraît prématuré.

3. La nécessité d'une transition progressive et anticipée
Je ne remets pas la nécessité de mieux préserver le site du Pré de Madame Carle. Au contraire, cet objectif peut être pertinent sur le plan environnemental.

En revanche, la méthode et le calendrier doivent être adaptés aux réalités du territoire.
Une transformation aussi importante doit être anticipée et accompagnée. Elle doit permettre de mettre progressivement en place des solutions alternatives : stationnements relais, navettes, amélioration des mobilités collectives, organisation des flux, information des visiteurs, accompagnement des professionnels. Les études doivent quantifier l’impact sur l’économie, et en fonction, les élus locaux devront plancher sur une transition progressive de l’économie de la vallée, tournée vers le tourisme depuis un siècle et demi.

Ainsi, une réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du parking pourrait constituer une première étape beaucoup plus réaliste. Elles permettraient d'expérimenter de nouvelles modalités d'accès, d'en mesurer les conséquences et d'adapter progressivement le dispositif avant d'envisager une renaturation complète du site. Cette approche serait également cohérente avec l'historique des réflexions sur le site - notamment de la part du Parc national des Ecrins.

4. Vigilance particulière au regard du décret de création du Parc national des Ecrins et de sa Charte

Il existe par ailleurs un élément juridique qui me paraît devoir être explicitement pris en compte dans l'analyse de compatibilité du SCoT. Le décret n° 73-378 du 27 mars 1973 promulgué à la création du Parc national des Ecrins, puis dans le décret n° 2009-448 du 21 avril 2009 relatif au Parc national des Écrins prévoit, dans son article 22, le maintien de l’accès des véhicules jusqu’aux parcs de stationnement aménagés à proximité, notamment « du refuge du Pré de Madame Carle (commune de Pelvoux, département des Hautes-Alpes) ».

Cette disposition constitue une exception spécifique au principe général d’interdiction de la circulation motorisée dans le cœur du Parc. Le Parc national des Écrins reprend d'ailleurs actuellement cette règle dans sa présentation officielle de la circulation motorisée et indique expressément que l'accès des véhicules est maintenu jusqu'aux parcs de stationnement aménagés à proximité du refuge du Pré de Madame Carle.

La Charte du Parc national des Écrins, élaborée après le décret de 2009 et approuvée en 2012, s'inscrit dans ce même cadre réglementaire. Le Parc rappelle lui-même que le décret n° 2009-448 constitue le texte ayant adapté la réglementation du Parc à la loi de 2006 et que la Charte a ensuite été élaborée avec les acteurs du territoire.

Il ne s'agit pas pour autant de considérer que ce texte garantirait le maintien du tracé actuel de la route, ni qu'il imposerait le maintien du nombre actuel de places de stationnement. En revanche, il me paraît juridiquement nécessaire que le SCoT démontre explicitement comment son objectif de renaturation de 2 hectares est compatible avec cette disposition réglementaire qui maintient l'accès des véhicules aux parcs de stationnement aménagés à proximité du refuge.

Si le stationnement actuel devait être fortement réduit ou supprimé, le SCoT devrait donc démontrer comment son objectif de renaturation s'articule avec cette disposition réglementaire et quelle solution alternative permettra d'assurer le maintien de cette fonction d'accès et de stationnement : nouveau parking, stationnement déplacé, parking-relais, navette, accès réglementé, dispositif spécifique pour les professionnels, les usagers de la haute montagne et les services de secours, etc.

À défaut, la compatibilité entre l'orientation du SCoT et le régime particulier applicable au cœur du Parc n'est pas suffisamment démontrée.

5. Une disposition qui doit être nuancée dans le SCoT
Je demande donc que la rédaction du SCoT soit réexaminée et, à tout le moins, nuancée.
Plutôt que d'inscrire comme objectif la renaturation d'environ deux hectares de la zone de stationnement, il serait préférable de prévoir un objectif de réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du site, conditionné à la réalisation des études nécessaires, à la mise en place de solutions alternatives de mobilité et de stationnement et à une véritable concertation avec les habitants et les acteurs locaux.

Le SCoT doit donner une direction au territoire, mais il ne doit pas figer prématurément une solution dont les conséquences n'ont pas encore été suffisamment étudiées. En conclusion, je considère que l'objectif de renaturation de deux hectares du parking du Pré de Madame Carle, dans sa rédaction actuelle, apparaît trop figé et restrictif, insuffisamment justifié et insuffisamment accompagné par un véritable projet de transition. La protection de l'environnement et la préservation du Pré de Madame Carle ne doivent pas être opposées aux besoins du territoire : elles doivent être construites avec les habitants et les acteurs locaux, dans une démarche anticipée, progressive et concertée.

Je demande donc à la commission d'enquête de prendre en considération ces observations et de rendre un avis défavorable au projet de SCoT en l'état, ou, à tout le moins, de demander que cette disposition soit profondément réexaminée et reformulée afin de privilégier la réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du parking, accompagnée d'études d'impact à l'échelle de la vallée, d'une concertation approfondie et de solutions concrètes de report du stationnement et de mobilité.

Contribution n°14 (Web)

Anonyme
Déposée le 8 septembre 2026 à 21h30
Je souhaite, par la présente, émettre un avis défavorable au projet de SCoT du Pays des Écrins en l’état, en raison notamment de l’objectif [...]
Je souhaite, par la présente, émettre un avis défavorable au projet de SCoT du Pays des Écrins en l’état, en raison notamment de l’objectif affiché de renaturer environ 2 hectares de la zone de stationnement du Pré de Madame Carle, signifiant la modification de l’état actuel et son utilisation. Le rapport environnemental du SCoT indique en effet, dans sa « Zone 6 », qu’il est prévu de « renaturer sur une superficie d’environ 2 ha la zone de stationnement du refuge du Pré de Madame Carle » d’ici à 2032.

Un objectif de cette ampleur ne peut, à mon sens, être inscrit dans un document d’urbanisme structurant pour le territoire sans que ses conséquences aient été suffisamment étudiées, expliquées et débattues.

1. Une absence d’étude globale sur les conséquences pour la vallée
La suppression ou la transformation d’une emprise de stationnement au Pré de Mme Carle ne concerne pas uniquement le parking lui-même. Elle aura nécessairement des conséquences sur l’ensemble de la vallée : circulation, stationnement de report, accès aux sites de montagne, activité touristique, fonctionnement des commerces et hébergements, fréquentation d’Ailefroide et des autres secteurs de la vallée, sécurité et gestion des flux en période estivale.

Or, je ne constate pas, dans les documents du SCoT, d’étude suffisamment précise permettant d’évaluer globalement ces conséquences et de présenter un véritable scénario de transition.

Il ne paraît pas raisonnable de décider de la renaturation de deux hectares sans avoir préalablement répondu à des questions essentielles : où seront reportés les véhicules ? Quelles capacités de stationnement seront nécessaires ? Comment seront organisées les navettes et les mobilités alternatives ? Quelles seront les conséquences économiques et touristiques ? Comment sera assurée l’accessibilité aux pratiquants de la montagne, aux habitants, au jeune public pour les initier à la haute-montagne, aux professionnels et aux services de secours ? Quelles conséquences paysagères et environnementales des éventuels nouveaux aménagements nécessaires en compensation ?

Ces questions sont d’autant plus importantes dans le contexte actuel, marqué par les événements torrentiels récents et par la nécessité de réfléchir à long terme sur les accès au Pré de Madame Carle.

2. Une concertation inexistante avec la population et les acteurs locaux
Un projet susceptible de modifier profondément l'accès et les usages d'un site aussi emblématique du territoire devrait faire l'objet d'une concertation approfondie avec les habitants, les professionnels, les associations, les pratiquants de la montagne et l'ensemble des acteurs concernés.
La population doit pouvoir comprendre précisément ce qui est envisagé : où sera reporté le stationnement ? selon quel calendrier ? avec quels moyens financiers et quelles solutions alternatives ? pour quelles conséquences immédiates et à long terme ?
Inscrire un objectif aussi précis que la renaturation de deux hectares dans le SCoT sans avoir préalablement défini et partagé les conditions de cette transition me paraît prématuré.

3. La nécessité d'une transition progressive et anticipée
Je ne remets pas la nécessité de mieux préserver le site du Pré de Madame Carle. Au contraire, cet objectif peut être pertinent sur le plan environnemental.

En revanche, la méthode et le calendrier doivent être adaptés aux réalités du territoire.
Une transformation aussi importante doit être anticipée et accompagnée. Elle doit permettre de mettre progressivement en place des solutions alternatives : stationnements relais, navettes, amélioration des mobilités collectives, organisation des flux, information des visiteurs, accompagnement des professionnels. Les études doivent quantifier l’impact sur l’économie, et en fonction, les élus locaux devront plancher sur une transition progressive de l’économie de la vallée, tournée vers le tourisme depuis un siècle et demi.

Ainsi, une réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du parking pourrait constituer une première étape beaucoup plus réaliste. Elles permettraient d'expérimenter de nouvelles modalités d'accès, d'en mesurer les conséquences et d'adapter progressivement le dispositif avant d'envisager une renaturation complète du site. Cette approche serait également cohérente avec l'historique des réflexions sur le site - notamment de la part du Parc national des Ecrins.

4. Vigilance particulière au regard du décret de création du Parc national des Ecrins et de sa Charte

Il existe par ailleurs un élément juridique qui me paraît devoir être explicitement pris en compte dans l'analyse de compatibilité du SCoT. Le décret n° 73-378 du 27 mars 1973 promulgué à la création du Parc national des Ecrins, puis dans le décret n° 2009-448 du 21 avril 2009 relatif au Parc national des Écrins prévoit, dans son article 22, le maintien de l’accès des véhicules jusqu’aux parcs de stationnement aménagés à proximité, notamment « du refuge du Pré de Madame Carle (commune de Pelvoux, département des Hautes-Alpes) ».

Cette disposition constitue une exception spécifique au principe général d’interdiction de la circulation motorisée dans le cœur du Parc. Le Parc national des Écrins reprend d'ailleurs actuellement cette règle dans sa présentation officielle de la circulation motorisée et indique expressément que l'accès des véhicules est maintenu jusqu'aux parcs de stationnement aménagés à proximité du refuge du Pré de Madame Carle.

La Charte du Parc national des Écrins, élaborée après le décret de 2009 et approuvée en 2012, s'inscrit dans ce même cadre réglementaire. Le Parc rappelle lui-même que le décret n° 2009-448 constitue le texte ayant adapté la réglementation du Parc à la loi de 2006 et que la Charte a ensuite été élaborée avec les acteurs du territoire.

Il ne s'agit pas pour autant de considérer que ce texte garantirait le maintien du tracé actuel de la route, ni qu'il imposerait le maintien du nombre actuel de places de stationnement. En revanche, il me paraît juridiquement nécessaire que le SCoT démontre explicitement comment son objectif de renaturation de 2 hectares est compatible avec cette disposition réglementaire qui maintient l'accès des véhicules aux parcs de stationnement aménagés à proximité du refuge.

Si le stationnement actuel devait être fortement réduit ou supprimé, le SCoT devrait donc démontrer comment son objectif de renaturation s'articule avec cette disposition réglementaire et quelle solution alternative permettra d'assurer le maintien de cette fonction d'accès et de stationnement : nouveau parking, stationnement déplacé, parking-relais, navette, accès réglementé, dispositif spécifique pour les professionnels, les usagers de la haute montagne et les services de secours, etc.

À défaut, la compatibilité entre l'orientation du SCoT et le régime particulier applicable au cœur du Parc n'est pas suffisamment démontrée.

5. Une disposition qui doit être nuancée dans le SCoT
Je demande donc que la rédaction du SCoT soit réexaminée et, à tout le moins, nuancée.
Plutôt que d'inscrire comme objectif la renaturation d'environ deux hectares de la zone de stationnement, il serait préférable de prévoir un objectif de réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du site, conditionné à la réalisation des études nécessaires, à la mise en place de solutions alternatives de mobilité et de stationnement et à une véritable concertation avec les habitants et les acteurs locaux.

Le SCoT doit donner une direction au territoire, mais il ne doit pas figer prématurément une solution dont les conséquences n'ont pas encore été suffisamment étudiées. En conclusion, je considère que l'objectif de renaturation de deux hectares du parking du Pré de Madame Carle, dans sa rédaction actuelle, apparaît trop figé et restrictif, insuffisamment justifié et insuffisamment accompagné par un véritable projet de transition. La protection de l'environnement et la préservation du Pré de Madame Carle ne doivent pas être opposées aux besoins du territoire : elles doivent être construites avec les habitants et les acteurs locaux, dans une démarche anticipée, progressive et concertée.

Je demande donc à la commission d'enquête de prendre en considération ces observations et de rendre un avis défavorable au projet de SCoT en l'état, ou, à tout le moins, de demander que cette disposition soit profondément réexaminée et reformulée afin de privilégier la réhabilitation, une restauration écologique, ou encore une renaturation partielle du parking, accompagnée d'études d'impact à l'échelle de la vallée, d'une concertation approfondie et de solutions concrètes de report du stationnement et de mobilité.

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