Contribution n°9 (Web)
Déposée le 3 septembre 2026 à 18h06
Je ne suis pas opposé au changement.
Une ville doit évoluer. Elle doit accueillir de nouveaux habitants, permettre à ses entreprises de se développer, accompagner ses enfants et ses anciens, préparer son avenir.
Mais avant de construire, il existe une question toute simple que l’on devrait toujours se poser :
En avons-nous besoin ?
Et plus je regarde le projet Clos César, plus une autre question s’impose :
POURQUOI FAIRE ?
PRESQUE DOUBLER L’OFFRE HÔTELIÈRE. POURQUOI FAIRE ?
Beaugency compte aujourd’hui 5 hôtels et 96 chambres, selon l’INSEE.
Le projet Clos César a prévu jusqu’à 80 chambres d’hôtel supplémentaires.
80 chambres face aux 96 qui existent aujourd’hui.
C’est une augmentation potentielle de plus de 80 % de la capacité hôtelière de toute la ville.
Ce n’est pas une petite évolution.
C’est presque un deuxième Beaugency hôtelier que l’on construit à l’intérieur du premier.
Mais où sont les clients supplémentaires ?
Le tourisme ne disparaît pas. Il change.
Les locations saisonnières, Airbnb, les gîtes et les meublés touristiques ont profondément transformé les habitudes. Et les chiffres de fréquentation hôtelière du Loiret et de la région ne montrent certainement pas une explosion de la demande susceptible de justifier naturellement une telle augmentation du nombre de chambres à Beaugency.
Alors où est l’étude économique démontrant que notre ville peut absorber une telle augmentation ?
Et surtout :
Que se passera-t-il si ces clients supplémentaires n’existent pas ?
Parce qu’un hôtel, ce ne sont pas seulement des chambres sur un tableau Excel.
Ce sont des exploitants qui travaillent. Des propriétaires qui ont investi, parfois l’épargne d’une vie. Des salariés. Des familles.
Si demain l’offre devient beaucoup trop importante, certains établissements souffriront. Certains seront peut-être mis en vente. Et lorsque plusieurs entreprises d’un même secteur sont contraintes de vendre en même temps, leur valeur ne monte généralement pas.
Qui a mesuré cette destruction de valeur potentielle ?
Le développement économique ne devrait pas consister à créer une activité nouvelle en fragilisant ceux qui sont déjà là.
Il devrait commencer par respecter ceux qui entreprennent, investissent et travaillent déjà à Beaugency.
319 LOGEMENTS VACANTS. ET NOUS ALLONS EN CONSTRUIRE ENCORE ?
Le projet prévoit également une soixantaine d’appartements.
Mais l’INSEE recense déjà 319 logements vacants à Beaugency.
Ce chiffre mérite qu’on s’y arrête.
Dans le même temps, le développement des locations touristiques de courte durée retire potentiellement une partie des logements du marché de l’habitation permanente.
Alors avant de construire une soixantaine d’appartements supplémentaires, pourquoi ne pas commencer par remettre de la vie dans les logements que nous avons déjà ?
Pourquoi ne pas aider à leur rénovation ?
Favoriser la résidence principale ?
Permettre à de jeunes familles de s’installer durablement ?
Un logement occupé toute l’année, c’est une famille. Ce sont des enfants dans nos écoles, des clients dans nos commerces, des adhérents dans nos associations et nos clubs, des voisins.
Construire des logements n’est pas forcément construire une ville.
Une ville se construit d’abord avec ceux qui y vivent.
UNE CRÈCHE : COMMENÇONS PAR LE BESOIN
Bien sûr que nous devons aider les familles et proposer des solutions pour accueillir leurs enfants.
Mais là encore : partons du besoin.
Beaugency possède déjà des structures d’accueil et le projet a notamment été présenté comme permettant le déplacement d’une structure existante.
Alors publions simplement les données.
Combien de places existent aujourd’hui ? Combien sont réellement occupées ? Combien d’enfants attendent une place ? Quelle évolution est prévue dans les prochaines années ?
En 2025, Beaugency a enregistré 75 naissances pour 78 décès et l’INSEE constate un solde naturel négatif sur les dernières années.
Cela ne démontre pas qu’une crèche est inutile.
Cela démontre quelque chose de beaucoup plus simple :
Avant de construire, démontrons le besoin.
Ce devrait être le besoin qui crée le projet.
Pas le projet qui cherche ensuite à créer son besoin.
ET NOS ANCIENS ?
Le Clos César prévoit également une résidence senior.
Et ici, j’aimerais sortir un instant des statistiques.
Parce que derrière le vieillissement, il y a nos parents.
Et demain, il y aura nous.
Notre réponse au vieillissement doit-elle systématiquement être de construire de nouvelles résidences ?
Vieillir doit-il forcément vouloir dire quitter sa maison ?
Sa maison, c’est parfois quarante années d’une vie.
Un jardin. Des voisins. Une rue que l’on connaît. Des habitudes. Des souvenirs.
Alors pourquoi ne pas mettre autant d’ambition dans le maintien à domicile, l’aide à la personne, l’accompagnement des aidants, les services de proximité et la lutte contre l’isolement ?
Pourquoi ne pas faire de Beaugency une ville exemplaire permettant à ses anciens de rester chez eux aussi longtemps qu’ils le souhaitent et que cela reste possible ?
Cela créerait aussi de l’activité et des emplois locaux.
Mais surtout, cela créerait quelque chose dont aucune construction ne peut remplacer la valeur :
du lien humain.
Où est l’entraide dans notre vision de la ville ?
Où est la fraternité ?
ET PUIS IL Y A LE STADE PAUL-LEBUGLE
Ce terrain n’est pas seulement une parcelle cadastrale.
C’est un morceau de l’histoire de Beaugency.
Depuis plus de soixante ans, des générations de Balgentiens y ont couru, joué, gagné, perdu, encouragé leurs enfants.
Une ville évolue. Un stade peut déménager. Un quartier peut changer.
Nous ne pouvons évidemment pas transformer chaque souvenir en musée.
Mais lorsqu’une ville accepte de tourner une page de son histoire collective, elle devrait au minimum se demander :
Qu’allons-nous transmettre à ceux qui écriront la suivante ?
Le terrain représente près de 15 000 m2.
Son prix de cession :
700 000 euros.
Faisons simplement la division :
ENVIRON 47 € LE M2.
Bien sûr, un terrain de près de 15 000 m2 destiné à une opération d’aménagement ne se compare pas directement à une petite parcelle individuelle viabilisée.
Les contraintes et les coûts ne sont pas les mêmes.
Mais regardons tout de même le marché qui nous entoure : les transactions récentes de terrains constructibles destinés aux particuliers à Beaugency se situent autour d’une centaine d’euros le m2 en valeur médiane.
La comparaison n’est pas directe.
Mais 47 € le m2 de patrimoine communal, cela mérite au minimum que l’on se pose une question.
ET POURQUOI PAS NOS ENFANTS ?
Puisque Beaugency accepte de céder ce foncier à ce niveau de prix, pourquoi ne pas avoir étudié la possibilité d’en réserver au moins une partie à ceux qui feront le Beaugency de demain ?
Nos jeunes.
Nos enfants qui ont grandi ici.
Ceux qui voudraient y rester mais qui, demain, n’auront peut-être plus les moyens d’y acheter leur première maison.
Pourquoi ne pas avoir étudié des parcelles à prix maîtrisé ?
De l’accession abordable à la propriété ?
Des logements réservés à la résidence principale ?
Des dispositifs permettant d’éviter leur transformation rapide en locations touristiques ?
Imaginons simplement.
Une petite parcelle.
Une maison.
Un jardin.
Un jeune couple qui peut enfin devenir propriétaire.
Puis des enfants qui vont à l’école à Beaugency.
Des parents qui achètent chez nos commerçants, fréquentent nos restaurants, participent à nos associations, à nos clubs et à la vie de la commune.
Cela aussi, c’est du développement économique.
Mais c’est un développement économique qui produit en même temps du vivre ensemble.
On nous dit qu’il faut préparer l’avenir.
Très bien.
Mais alors :
QUI MIEUX QUE NOS ENFANTS REPRÉSENTE L’AVENIR DE BEAUGENCY ?
Si nous acceptons de perdre un lieu chargé de l’histoire de notre ville, faisons au moins en sorte que cette perte serve directement à construire son avenir.
Que demain, un enfant puisse dire :
« Ici, il y avait le stade où jouait mon grand-père. La ville l’a transformé et c’est ici que mes parents ont pu construire notre maison. »
Là, il y aurait du sens.
Là, il y aurait une transmission.
On ne conserverait peut-être pas le stade, mais on conserverait son esprit : un lieu fait pour les Balgentiens.
ALORS, POURQUOI FAIRE ?
Regardons simplement l’ensemble.
96 chambres d’hôtel existantes, et jusqu’à 80 supplémentaires.
319 logements vacants, et une soixantaine d’appartements à construire.
Une crèche : démontrons d’abord le besoin réel.
Une résidence senior : demandons-nous aussi comment permettre à nos anciens de continuer à vivre chez eux.
Et près de 15 000 m2 de patrimoine communal cédés pour 700 000 euros, soit environ 47 € le m2, sans que l’installation durable des Balgentiens et de leurs enfants soit placée au cœur du projet.
Pris séparément, chacun de ces choix peut probablement trouver une justification.
C’est leur accumulation qui interroge.
À force de vouloir faire entrer des carrés dans des ronds, à force de partir d’un projet puis de chercher à démontrer qu’il répond à des besoins, ne sommes-nous pas en train d’oublier l’élémentaire bon sens économique ?
Et surtout, ne sommes-nous pas en train d’oublier les hommes et les femmes ?
Ceux qui entreprennent déjà ici.
Ceux qui travaillent ici.
Ceux qui cherchent à s’y loger.
Ceux qui voudraient y élever leurs enfants.
Ceux qui souhaitent y vieillir.
Et ceux qui voudraient simplement que leurs enfants puissent, demain, y construire leur propre vie.
Alors je terminerai par une question volontairement simple.
Une question que chacun peut comprendre, quelles que soient ses connaissances en économie ou en urbanisme :
POURQUOI FAIRE ?
Pour construire plus ?
Ou pour vivre mieux ensemble ?
Développer Beaugency ne devrait pas signifier remplir chaque espace disponible de mètres carrés.
Cela devrait signifier prendre soin de ce que nous avons.
Prendre soin de nos entreprises avant de les fragiliser.
Prendre soin de nos logements avant d’en construire d’autres.
Prendre soin de nos enfants et leur permettre de rester ici.
Prendre soin de nos anciens et leur permettre aussi de rester chez eux.
Prendre soin de notre patrimoine et de notre histoire lorsque nous décidons de les transmettre.
Parce qu’une ville n’est pas un programme immobilier.
Une ville, ce sont des hommes, des femmes, des enfants, des anciens, des souvenirs et un avenir commun.
Je ne demande pas que Beaugency conserve éternellement son passé.
Je demande que lorsque nous acceptons de sacrifier une partie de ce passé, elle serve d’abord à construire l’avenir.
L’avenir de ceux qui vivent ici.
L’avenir de ceux qui y travaillent.
L’avenir de ceux qui voudraient y rester.
L’avenir de nos enfants.
Préservons notre vivre ensemble.
Préservons notre fraternité.
Et construisons l’avenir de Beaugency d’abord pour ceux qui la font vivre.
Contribution n°8 (Web)
Déposée le 3 septembre 2026 à 14h25
Contribution n°7 (Web)
Déposée le 3 septembre 2026 à 13h50
Il faut cependant que ce projet de construction s'intègre dans un cadre harmonieux avec des éléments de construction de bonne qualité.
Contribution n°6 (Web)
Déposée le 3 septembre 2026 à 11h16
Contribution n°5 (Web)
Déposée le 3 septembre 2026 à 09h38
Si les constructions sont de bonne qualité et proposent un quartier vivant et de standing ce sera parfait.
Contribution n°4 (Web)
Déposée le 2 septembre 2026 à 16h46
Contribution n°3 (Web)
Déposée le 2 septembre 2026 à 14h08
Nous sommes dans une conjoncture où les crèches et les assistants maternelles peinent à remplir leurs places au vu de la baisse de la natalité.
Contribution n°2 (Web)
Déposée le 1 septembre 2026 à 19h40
voici deux extraits de l'avis de la MRAE et celui de la DREAL sur ce projet que je reprends :
- Pollution des sols : Au regard des usages sensibles prévus (résidentiel, tertiaire, agricole - potager) et de l’accueil de populations sensibles (enfants, personnes âgées), le niveau d’information disponible dans le dossier et dans l’étude d’impact, ainsi que la description des mesures prévues ne permettent pas de conclure définitivement à la compatibilité sanitaire du site avec le projet.
-paysage et valeur UNESCO : Pour autant, le diagnostic aurait pu guider davantage la conception du projet. Le projet proposé vient en effet toujours se heurter, comme le montre le photomontage ci-dessus, à :
• l’implantation, au sein d’un tissu urbain composé de maisons individuelles plus ou moins denses, d’immeubles collectifs aux volumes et hauteurs plus imposantes,
• la construction dans la pente du coteau d’immeubles hauts et volumineux qui créent un effet de surplomb important des habitations de la rue des Îles depuis les Accruaux.
Les immeubles prévus dans la pente du coteau, du fait de leur hauteur et de leur volumétrie, impliquent ainsi toujours des effets négatifs sur le paysage et sur la préservation de la VUE. L’intégration paysagère du projet repose donc sur des mesures de réduction supplémentaires, à savoir un accompagnement végétal.
Quand on voit comment les arbres sont traités à Beaugency (jeunes plants morts aux Accruaux, taille des tilleuls du petit Mail en pleine canicule), on peut craindre que cet écran végétal ne dure pas!
Contribution n°1 (Web)
Déposée le 1 septembre 2026 à 14h19