Contribution n°510 (Web)
Déposée le 22 mai 2026 à 22h14
Je suis opposée à ce projet éolien de CErnay, notamment raison de son impact sur les zones humides, zones pour lesquelles la méthodologie de recherche et caractérisation sont très douteuses:
La méthodologie présentée pour les investigations pédologiques apparaît globalement conforme aux pratiques réglementaires usuelles en matière d’identification des zones humides, mais plusieurs éléments importants appellent néanmoins des réserves quant à la précision réelle des résultats et à la robustesse de l’analyse produite. Derrière une présentation technique relativement détaillée, certaines limites méthodologiques susceptibles d’influencer fortement les conclusions semblent minimisées ou insuffisamment discutées.
Le document indique d’abord que l’analyse bibliographique repose sur plusieurs cartographies de pré-localisation des zones humides, issues de calculs théoriques et parfois de photo-interprétation. Cette précision est importante car elle reconnaît implicitement le caractère approximatif de ces documents. Toutefois, le texte semble rapidement relativiser la portée de ces cartographies en soulignant qu’elles identifient très largement le secteur comme potentiellement humide et que seules les investigations de terrain permettraient de confirmer ou d’infirmer la présence effective de zones humides. Cette manière de présenter les choses peut conduire à sous-estimer l’intérêt des approches cartographiques à grande échelle, qui traduisent souvent des logiques hydrologiques et géomorphologiques cohérentes. Le fait que plusieurs cartographies convergent vers une forte probabilité de présence de zones humides devrait au contraire conduire à une approche particulièrement prudente dans l’interprétation des résultats de terrain.
Le texte précise ensuite que 43 sondages pédologiques ont été réalisés au sein de la zone d’implantation potentielle, selon un « maillage lâche ». Cette formulation constitue un point de vigilance majeur. Un maillage peu dense peut certes suffire à caractériser les grands types de sols présents sur un territoire, mais il peut être insuffisant pour identifier précisément des zones humides diffuses, discontinues ou de faible extension. Les milieux humides présentent souvent une forte variabilité spatiale liée à la topographie, aux écoulements temporaires, à la profondeur du substrat ou encore aux usages agricoles. Dans ce contexte, un maillage lâche augmente le risque de passer à côté de secteurs humides localisés, notamment dans les zones intermédiaires ou les microdépressions.
Cette limite est d’autant plus importante que le texte indique lui-même que certaines cartes ciblent particulièrement les abords du réseau hydrographique et certains secteurs précis de la ZIP comme potentiellement humides. Or la méthodologie ne précise pas clairement si le maillage des sondages a été densifié dans ces secteurs sensibles, ni selon quels critères les points de sondage ont été répartis. L’absence d’explication détaillée sur la stratégie d’échantillonnage rend difficile l’évaluation de la représentativité réelle des investigations.
Les conditions mêmes de réalisation des sondages soulèvent également plusieurs interrogations. Les investigations ont été menées sur trois journées seulement, du 21 au 23 avril 2021. Bien que cette période puisse être favorable à l’observation de certains phénomènes d’hydromorphie, elle ne permet pas nécessairement de rendre compte de la variabilité saisonnière des niveaux d’eau et des dynamiques d’engorgement des sols. Selon les conditions météorologiques des mois précédents, les traces d’hydromorphie peuvent être plus ou moins visibles. Une campagne ponctuelle de courte durée ne permet donc pas toujours d’appréhender pleinement le fonctionnement hydrique d’un secteur.
Le document mentionne également que plusieurs sondages n’ont pas atteint la profondeur maximale prévue en raison de refus de tarière, de la présence de roche ou de substrats marneux. Cette difficulté technique est importante car elle peut limiter l’observation des horizons profonds où certains indices d’hydromorphie sont susceptibles d’apparaître. Or le texte ne discute pas réellement les conséquences de ces limitations sur la fiabilité des conclusions. Dans certains cas, l’absence d’accès aux horizons profonds peut conduire à sous-estimer des phénomènes d’engorgement temporaire ou des circulations d’eau souterraines peu visibles en surface.
La méthodologie repose par ailleurs principalement sur le critère pédologique pour confirmer ou infirmer la présence de zones humides, en complément des observations floristiques réalisées dans le cadre de l’expertise biodiversité. Cette approche est réglementairement admise, mais elle peut devenir problématique si les différents critères ne sont pas réellement croisés de manière intégrée. Les zones humides constituent des systèmes complexes dont l’expression peut varier selon les saisons, les pratiques agricoles ou les modifications hydrauliques anciennes. Une approche strictement pédologique risque parfois de sous-évaluer certains milieux humides dégradés, drainés ou temporairement asséchés mais conservant des fonctionnalités écologiques importantes.
Le texte présente ensuite de manière détaillée les différents horizons recherchés (histiques, réductiques, rédoxiques), ce qui témoigne d’une certaine rigueur technique dans la description des sols. Toutefois, cette précision terminologique peut aussi donner une impression de scientificité sans permettre réellement d’évaluer la qualité de l’interprétation produite. Aucune information n’est fournie sur la manière dont les observations ont été confrontées aux conditions météorologiques récentes, ni sur le degré d’incertitude associé à certains diagnostics intermédiaires. La frontière entre sols hydromorphes et non hydromorphes peut pourtant être délicate à établir dans certaines configurations pédologiques.
Le recours à la classification du GEPPA de 1981 constitue également un point discutable. Bien que cette classification demeure largement utilisée, elle repose sur des référentiels relativement anciens et parfois critiqués pour leur manque d’adaptation à certaines situations locales ou à l’évolution des connaissances sur les zones humides. Le texte ne précise pas si des approches plus récentes ou complémentaires ont été mobilisées pour affiner l’analyse.
Enfin, la méthodologie apparaît très centrée sur l’identification réglementaire des zones humides au sens strict, mais beaucoup moins sur leur fonctionnement écologique et hydrologique global. Une zone peut ne pas répondre parfaitement aux critères réglementaires de délimitation tout en jouant un rôle important dans les écoulements, le stockage temporaire de l’eau, la biodiversité ou les continuités écologiques. Cette focalisation sur la seule caractérisation technique des sols peut ainsi conduire à une vision relativement restrictive des enjeux liés aux milieux humides.
Pour ces motifs, un avis défavorable s'impose.
Contribution n°509 (Web)
Déposée le 22 mai 2026 à 22h05
Je suis opposée à ce projet dont l'étude reconnaît formellement l’existence d’incertitudes et de subjectivité dans l’évaluation environnementale au 2.2.4 page 34/616 de l'étude d'impact vol5.
Pour cette reconnaissance d'incompétence du bureau d'étude, merci de rendre un avis défavorable, dont le détail d'analyse ci-dessous est explicite:
Le passage consacré aux « difficultés rencontrées » présente plusieurs limites importantes, tant sur le fond que sur la manière dont il cherche à légitimer la démarche du bureau d’étude. Alors que cette section devrait normalement permettre d’identifier clairement les limites méthodologiques de l’étude d’impact, les incertitudes scientifiques ou les obstacles rencontrés dans l’acquisition des données, le texte tend au contraire à minimiser ces difficultés et à déplacer le propos vers une longue justification de l’expérience et de l’expertise d’INDDIGO. Cette approche peut donner l’impression que la reconnaissance du bureau d’étude tiendrait lieu de garantie méthodologique, alors qu’une étude d’impact devrait avant tout démontrer de manière transparente la qualité et les limites de ses méthodes et de ses données.
La première partie consacrée à l’analyse de l’état initial affirme qu’« aucune difficulté particulière n’est à signaler », hormis certaines données indisponibles sous format SIG ayant conduit à une localisation « parfois moins précise ». Cette formulation apparaît particulièrement minimisante. L’absence de données géographiques précises n’est pas un simple détail technique : elle peut avoir des conséquences directes sur la qualité des analyses spatiales, sur la localisation des enjeux environnementaux et sur l’évaluation des impacts réels du projet. Dans un projet éolien, où les questions de covisibilité, de continuités écologiques, de déplacements de l’avifaune ou de proximité avec les habitations sont centrales, une imprécision cartographique peut modifier sensiblement les conclusions de l’étude. Le fait de reléguer cette difficulté à une remarque secondaire tend à sous-estimer son importance potentielle.
Le texte indique par ailleurs que les difficultés spécifiques liées au paysage, à l’écologie ou à l’acoustique sont traitées dans des chapitres dédiés, sans toutefois les résumer ici. Cette organisation peut contribuer à fragmenter l’information et à rendre moins lisible l’évaluation globale des limites de l’étude. Une approche plus transparente consisterait à présenter de manière synthétique les principales incertitudes transversales susceptibles d’affecter la fiabilité générale des conclusions.
La seconde partie, consacrée aux difficultés liées à l’évaluation des incidences, adopte un ton plus théorique et général que véritablement analytique. Le texte rappelle que les impacts des projets d’aménagement « prêtent à débat » et que l’évaluation environnementale comporte « toujours une part de subjectivité et d’interprétation personnelle ». Cette reconnaissance est importante, mais elle reste très abstraite et n’est pas réellement appliquée au cas concret du projet étudié. Le document ne précise pas quelles sont, dans cette étude particulière, les principales zones d’incertitude, les hypothèses fragiles, les limites des inventaires ou les difficultés rencontrées pour caractériser certains impacts. Il en résulte un discours général sur les limites de l’évaluation environnementale, sans véritable analyse critique des faiblesses propres au dossier présenté.
Le passage consacré aux attentes citoyennes et aux enjeux sociaux est révélateur d’une difficulté fréquemment rencontrée dans les projets éoliens. Le texte reconnaît qu’il peut exister un décalage entre les demandes des habitants et la pratique de l’évaluation environnementale, notamment lorsqu’il s’agit de questions liées à l’identité des territoires, au sentiment d’appartenance ou à la cohésion sociale. Toutefois, cette reconnaissance reste très théorique et semble surtout servir à justifier les limites de l’étude plutôt qu’à proposer des outils permettant réellement de mieux intégrer ces dimensions. Or ces enjeux sont souvent centraux dans les conflits autour de l’éolien. Les approches classiques de l’étude d’impact peinent effectivement à appréhender des notions qualitatives telles que l’attachement au paysage, la transformation du cadre de vie ou les effets sociaux des divisions locales provoquées par certains projets. Le texte reconnaît cette difficulté, mais sans indiquer comment elle est prise en compte concrètement dans la méthodologie employée.
Une autre faiblesse importante tient au recours récurrent à l’argument d’autorité. Une large partie du texte est consacrée à rappeler l’ancienneté de la filière éolienne, le nombre de parcs installés, les guides publiés par les institutions ou encore l’expérience historique d’INDDIGO et de ses collaborateurs. Ces éléments peuvent témoigner d’une expertise professionnelle réelle, mais ils ne constituent pas une réponse aux difficultés méthodologiques soulevées. Le fait qu’une technologie soit largement déployée ou qu’un bureau d’étude ait réalisé de nombreuses études ne garantit ni l’absence d’impacts significatifs, ni la qualité intrinsèque de l’évaluation produite. Cette accumulation de références institutionnelles et de retours d’expérience donne parfois le sentiment d’une stratégie de légitimation visant à rassurer sur la compétence des auteurs plutôt qu’à analyser précisément les limites et incertitudes du dossier.
Le texte insiste également sur les suivis environnementaux réalisés après installation, notamment les suivis de mortalité de la faune volante. Là encore, cette mention reste relativement générale. Aucun élément n’est fourni sur les résultats de ces suivis, sur les niveaux de mortalité observés, sur les difficultés d’interprétation des données ou sur les limites connues des protocoles de détection des cadavres. Pourtant, ces suivis font l’objet de nombreuses discussions scientifiques, notamment en raison des biais liés à la disparition rapide des carcasses, à la difficulté de détecter certaines espèces ou à la variabilité saisonnière des mortalités. Le texte mobilise donc l’existence même des suivis comme preuve de sérieux, sans réellement discuter les limites de ces dispositifs.
Plus globalement, cette section donne l’impression de traiter les difficultés rencontrées principalement sous l’angle de la complexité générale de l’évaluation environnementale, tout en évitant de détailler les faiblesses concrètes de l’étude elle-même. Les véritables difficultés méthodologiques — limites des inventaires naturalistes, insuffisance des données historiques, variabilité des comportements de la faune, incertitudes acoustiques, effets cumulés, subjectivité des analyses paysagères ou encore manque de recul sur certains impacts sociaux — sont peu développées ou renvoyées à des considérations générales. Cette manière de procéder tend à réduire la portée critique de la section, qui devrait pourtant constituer un élément essentiel de transparence scientifique et méthodologique.
Au final, le document reconnaît formellement l’existence d’incertitudes et de subjectivité dans l’évaluation environnementale, mais il ne les traduit que très partiellement dans l’analyse concrète du projet. La section apparaît davantage comme un exercice de justification de l’expertise du bureau d’étude que comme une véritable réflexion critique sur les limites des données, des méthodes et des conclusions présentées. Une démarche plus rigoureuse impliquerait d’identifier précisément les lacunes de connaissance, de quantifier les niveaux d’incertitude lorsque cela est possible, de présenter les hypothèses sensibles ayant orienté l’évaluation et d’expliciter les conséquences éventuelles de ces limites sur l’appréciation des impacts du projet.
Contribution n°508 (Web)
Déposée le 22 mai 2026 à 21h58
La méthodologie présentée pour déterminer les incidences environnementales du projet soulève plusieurs interrogations importantes quant à sa rigueur scientifique, à son indépendance et à sa capacité à rendre compte de la complexité réelle des impacts d’un parc éolien. Le texte indique d’abord que l’évaluation repose principalement sur le « retour d’expériences » du bureau d’étude INDDIGO et des experts mobilisés, ainsi que sur l’expérience du développeur en matière d’exploitation de parcs éoliens et photovoltaïques. Cette approche pose une première difficulté : l’expérience professionnelle, aussi importante soit-elle, ne constitue pas en elle-même une garantie d’objectivité ni de validité scientifique. Une méthodologie d’évaluation des impacts devrait avant tout s’appuyer sur des protocoles explicités, des références bibliographiques vérifiables, des données quantitatives et des méthodes reproductibles. Or le texte insiste davantage sur l’ancienneté et l’expérience des acteurs que sur les critères scientifiques utilisés pour évaluer les incidences.
Cette manière de présenter les choses peut également interroger sur l’indépendance réelle de l’analyse. Le retour d’expérience du maître d’ouvrage ou de ses partenaires techniques ne saurait remplacer une évaluation contradictoire et transparente des impacts. En matière éolienne, de nombreux effets — notamment sur l’avifaune, les chiroptères, les paysages ou les nuisances sonores — font encore l’objet de débats scientifiques et de fortes variations selon les contextes locaux. Une méthodologie robuste devrait donc préciser les sources utilisées, les hypothèses retenues et les éventuelles limites de connaissance, plutôt que de se référer principalement à l’expertise interne du promoteur et de ses prestataires.
La définition même de l’impact comme « contextualisation d’un effet sur les sensibilités environnementales » reste relativement abstraite et peut conduire à diluer la réalité des atteintes observées. En pratique, cette formulation permet parfois de minimiser certains impacts en les requalifiant selon la sensibilité attribuée préalablement aux milieux. Si les sensibilités ont été sous-évaluées dans l’état initial, les incidences risquent mécaniquement d’être elles aussi minimisées. Il existe ainsi un risque d’auto-justification méthodologique entre l’évaluation des enjeux et celle des impacts.
Les quatre paramètres retenus pour caractériser les incidences — risque d’occurrence, durée, étendue et intensité — correspondent à des critères classiques, mais leur utilisation telle qu’elle est décrite appelle plusieurs réserves. Le critère du « risque d’occurrence » peut notamment être problématique lorsqu’il est appliqué à des événements rares mais potentiellement graves. Une pollution accidentelle ou un phénomène de mortalité ponctuelle importante sur certaines espèces protégées peut être qualifié de « faible » au motif qu’il est peu probable, alors même que ses conséquences peuvent être majeures et irréversibles. Cette logique probabiliste tend à sous-estimer les risques à faible fréquence mais à fort impact, particulièrement importants dans les projets industriels.
Le traitement de la durée des effets apparaît lui aussi discutable. Le texte indique que les impacts de chantier sont généralement considérés comme temporaires tandis que ceux de l’exploitation sont permanents. Cette distinction est simplificatrice. Certains effets de chantier peuvent avoir des conséquences durables, voire irréversibles, notamment en cas de destruction de zones humides, de fragmentation d’habitats ou de perturbation durable de certaines espèces sensibles. À l’inverse, certains impacts liés à l’exploitation peuvent varier dans le temps ou être atténués par des mesures de gestion. La présentation retenue semble ainsi davantage guidée par une catégorisation administrative que par une analyse écologique fine des processus en jeu.
Le critère d’étendue spatiale est également présenté de manière restrictive puisqu’il est défini à partir des « aires d’études ». Or les impacts d’un parc éolien dépassent souvent largement ces périmètres. Les effets sur les paysages, les continuités écologiques, les déplacements migratoires ou les perceptions des riverains peuvent se manifester à des distances importantes. Limiter l’analyse aux périmètres retenus par le maître d’ouvrage peut donc conduire à réduire artificiellement l’ampleur réelle des incidences.
La notion d’intensité demeure enfin particulièrement floue. Le texte évoque « l’ampleur des modifications » ou des « perturbations », mais sans préciser les indicateurs utilisés, les seuils de référence ou les méthodes de mesure. Une telle absence de critères quantifiés laisse une marge d’interprétation très importante aux rédacteurs de l’étude. Deux bureaux d’études pourraient ainsi aboutir à des qualifications différentes pour des situations comparables. Cette faiblesse méthodologique est renforcée par le caractère très subjectif de l’échelle d’évaluation proposée (« très faible », « faible », « modérée », « forte »), qui ne semble associée à aucun seuil précis ni à aucune grille quantitative transparente.
Les définitions retenues pour qualifier les niveaux d’incidences traduisent également une approche potentiellement réductrice des impacts environnementaux. Une incidence n’est considérée comme forte que lorsqu’elle conduit à des destructions ou altérations majeures. Cette définition peut conduire à banaliser des effets diffus, progressifs ou cumulatifs pourtant significatifs à long terme. En matière éolienne, de nombreux impacts résultent justement de phénomènes d’accumulation : multiplication des obstacles dans les couloirs migratoires, dégradation progressive des paysages, fragmentation diffuse des habitats ou répétition des nuisances sonores et lumineuses. Pris isolément, chaque effet peut être qualifié de faible ou modéré ; cumulés à l’échelle d’un territoire, ils peuvent néanmoins produire des transformations importantes et durables.
La catégorie des incidences « positives » mérite également d’être interrogée. Les améliorations mises en avant dans les études d’impact relèvent souvent d’effets indirects ou compensatoires, parfois sans lien direct avec les atteintes locales générées par le projet. Il existe alors un risque de compensation rhétorique consistant à valoriser certains bénéfices généraux — comme la production d’énergie renouvelable — pour relativiser des impacts environnementaux locaux pourtant réels.
Dans l’ensemble, cette méthodologie apparaît donc très largement fondée sur des appréciations qualitatives et sur l’expertise interne des acteurs impliqués dans le projet, sans que les critères d’évaluation, les seuils retenus ou les incertitudes soient clairement explicités. La forte place laissée à l’interprétation peut conduire à une sous-évaluation des incidences réelles, notamment pour les effets cumulés, les impacts diffus ou les atteintes à long terme sur les milieux naturels et les paysages. Une approche plus rigoureuse nécessiterait des indicateurs quantifiés, des seuils transparents, une meilleure prise en compte des incertitudes et des effets cumulatifs, ainsi qu’une justification précise des choix méthodologiques ayant conduit à qualifier les impacts selon les différentes catégories proposées.
Contribution n°507 (Web)
Déposée le 22 mai 2026 à 21h49
La méthodologie présentée pour définir et hiérarchiser les enjeux environnementaux repose sur des principes classiques des études d’impact, mais elle appelle plusieurs réserves importantes quant à sa robustesse et à son degré réel d’objectivité. Le document affirme que l’identification et la hiérarchisation des enjeux s’appuient sur des « critères objectifs » établis à partir de l’état initial de l’environnement. Cette formulation est discutable, car l’évaluation environnementale comporte inévitablement une part d’interprétation et de choix méthodologiques. Le choix des critères retenus, leur pondération, les seuils utilisés, les périodes d’inventaire ou encore l’échelle spatiale d’analyse influencent fortement les conclusions. Présenter ces résultats comme purement objectifs tend ainsi à masquer les arbitrages opérés par le bureau d’étude ou le maître d’ouvrage.
La distinction affirmée entre la caractérisation des enjeux et le projet lui-même apparaît également théorique plus que réellement opérationnelle. En pratique, la sensibilité d’un milieu dépend largement de la nature des impacts du projet envisagé. Un secteur peut présenter un enjeu écologique considéré comme modéré dans l’absolu, mais devenir particulièrement sensible dans le cadre d’un parc éolien en raison des risques spécifiques de collision, de dérangement ou de fragmentation des habitats. Cette remarque vaut notamment pour les chauves-souris, l’avifaune migratrice ou les grands paysages ouverts. La volonté de définir les enjeux « indépendamment du projet considéré » peut ainsi conduire à sous-estimer la vulnérabilité réelle du territoire face aux effets spécifiques de l’éolien.
Les trois paramètres retenus pour caractériser les enjeux — la valeur de l’élément, sa localisation et son évolution dans le temps — demeurent par ailleurs très généraux et insuffisamment explicités. La notion de « valeur » reste particulièrement floue : s’agit-il d’une valeur écologique, patrimoniale, réglementaire, paysagère, sociale ou culturelle ? Sans définition précise ni méthode transparente de pondération, cette notion peut donner lieu à des appréciations variables et difficilement vérifiables. De même, le critère de localisation paraît réducteur lorsqu’il se limite à la présence de l’enjeu dans les périmètres de l’aire d’étude. Les continuités écologiques, les couloirs migratoires, les déplacements des chiroptères ou encore les phénomènes de saturation paysagère fonctionnent à des échelles beaucoup plus larges que celles généralement retenues dans les études de projet. Une approche fondée principalement sur des périmètres administratifs ou des distances fixes risque donc de négliger le fonctionnement réel des milieux.
La prise en compte de l’évolution dans le temps constitue un élément pertinent en théorie, mais elle semble ici traitée de manière trop générale. Les dynamiques écologiques sont souvent complexes, mal documentées et marquées par de fortes incertitudes. Certaines espèces encore présentes localement peuvent être en fort déclin régional ou national, ce qui devrait conduire à renforcer le niveau d’enjeu. Or les études d’impact ont parfois tendance à raisonner principalement à partir de l’état observé au moment des inventaires, sans intégrer suffisamment les tendances longues, les effets cumulés ou les conséquences du changement climatique.
Un autre point de faiblesse réside dans l’absence de réflexion explicite sur les incertitudes et les limites des données utilisées. Les inventaires écologiques dépendent fortement des saisons, des conditions météorologiques et des méthodes d’observation. L’absence de détection d’une espèce ne signifie pas nécessairement son absence réelle. Cette question est particulièrement sensible pour les chauves-souris et certaines espèces d’oiseaux dont les comportements varient fortement selon les périodes et les conditions climatiques. Une méthodologie robuste devrait donc intégrer un niveau de confiance dans les données ainsi qu’un principe de précaution lorsque les connaissances sont insuffisantes.
Enfin, la méthodologie présentée semble peu intégrer les effets cumulés, alors qu’ils constituent un enjeu majeur pour les projets éoliens. Un parc peut présenter des impacts jugés acceptables pris isolément, mais contribuer à une accumulation d’effets à l’échelle d’un territoire déjà fortement équipé : saturation visuelle, multiplication des obstacles pour l’avifaune, fragmentation des habitats, dégradation progressive des paysages ou artificialisation diffuse. Cette dimension cumulative est aujourd’hui centrale dans de nombreux contentieux et avis d’autorités environnementales, et son traitement insuffisant fragilise fortement l’analyse.
Au total, la méthodologie proposée apparaît donc relativement standard mais aussi très générale et potentiellement réductrice. Derrière une présentation technique et apparemment objective, elle laisse une large place à des choix d’interprétation susceptibles d’orienter la qualification des enjeux et, par conséquent, le niveau des impacts retenus et des mesures compensatoires proposées. Une approche plus rigoureuse nécessiterait une explicitation détaillée des critères utilisés, une meilleure prise en compte des continuités écologiques et des effets cumulés, ainsi qu’une intégration plus claire des incertitudes et des spécificités propres aux impacts de l’éolien.
Contribution n°506 (Web)
Déposée le 22 mai 2026 à 21h45
La méthodologie présentée repose sur une apparente objectivité mais laisse une large place à des choix méthodologiques subjectifs (définition des critères, pondérations, périmètres d’étude, seuils d’évaluation). La séparation entre “enjeux intrinsèques” et sensibilité au projet est discutable dans le cas d’un parc éolien, dont les impacts dépendent fortement des fonctionnalités écologiques locales et des effets cumulés. Les notions de “valeur”, de “localisation” et “d’évolution” restent insuffisamment définies et ne prennent pas explicitement en compte les incertitudes, les dynamiques écologiques à grande échelle, ni les effets cumulatifs territoriaux. Cette approche risque ainsi de sous-évaluer certains enjeux, notamment pour l’avifaune, les chiroptères, les continuités écologiques et les impacts paysagers.
Contribution n°505 (Web)
Déposée le 22 mai 2026 à 17h36
Je suis opposée à ce nouveau parc éolien qui n’apporte rien, ni aux riverains, ni au village de Cernay, ni à la région et ni au pays. Nous n’avons pas besoin d’une électricité non pilotable et intermittente qui fragilise nos centrales nucléaires en les forçant à s’adapter à la production aléatoire des éoliennes.
Les conseils municipaux du secteur sont en train de se prononcer de façon négative (Savigny, Orches, Berthegon, St-Genest d’Ambiere,…). Le conseil municipal de Cernay a voté contre à 10 contre 1. Le maire de Cernay est maintenant opposé à ce projet. Les gens ont enfin compris l’énorme arnaque derrière ces projets qui ne font qu’enrichir des sociétés étrangères ou des fonds de pension étrangers au détriment des riverains et des finances publiques de la France.
Merci de donner un avis défavorable.
Contribution n°504 (Web)
Déposée le 22 mai 2026 à 12h02
Dans son avis, la MRAE cite les noms des espèces d'oiseaux qui seront impactées, mises en danger et sans doute détruites par le parc éolien.
Plus que des noms, je vous invite à visualiser en pièce jointe la liste des victimes (liste non exhaustive).
Au nom de la protection de la biodiversité, je vous demande donc d'émettre un avis défavorable à ce projet.
Document joint
Contribution n°503 (Web)
Déposée le 22 mai 2026 à 11h16
L’article L 511-1 du code de l'environnement, auquel sont soumises les éoliennes, insiste sur "l'utilisation rationnelle de l'énergie" i.e. une utilisation économe de l'énergie, comme le ferait un bon père de famille….
Force est de constater que ce projet est en opposition avec ce principe sur plusieurs points :
- l’injection répétitive d'électricité éolienne et solaire dans le réseau, conduit à accentuer la modulation du nucléaire qui n’est pas fait pour cela entrainant de facto des problèmes techniques et donc générant des surcouts pour la maintenance des circuits secondaires des centrales nucléaires : Systèmes AHP et GSS , Echangeurs de chaleur, Turbines, Organes d’admission de vapeur , Alternateurs , Turbopompes Alimentaires (TPA) , Générateurs de vapeur . Ce point est parfaitement documenté dans le rapport d’EDF sur la modulation nucléaire, publié le 17 février 2026.
- la consommation électrique stagne en France, ce qui nous a obligés à exporter en valeur en 2024 et 2025, plus que la production annuelle éolienne et solaire, et ce, à un coût inférieur au prix de soutien voire dans certains cas à un prix négatif !
- la multiplication des installations éoliennes génère d'importants coûts de réseaux (augmentation de la « taille des tuyaux » pour augmenter la capacité de transport) à la charge du contribuable !
- l'électricité d'origine nucléaire et hydroélectrique dispose d'une meilleur bilan carbone que l'éolien et le solaire
Dans ces conditions, je ne comprends pas au nom de quoi, sinon pour faire plaisir au lobby éolien et l’engraisser aux dépens des Français qui tous les jours ont de plus en plus de difficultés à joindre les deux bouts, nous devrions à Cernay vouloir y installer un parc éolien.
En conséquence, je vous remercie de rendre un avis défavorable.
Cordialement
Frédéric GAUTHEY
Contribution n°502 (Web)
Déposée le 22 mai 2026 à 11h01
Je suis opposée à ce projet éolien.
Notre département, la VIENNE, est de loin le département qui produit déjà le plus d'électricité décarbonée avec Civaux et toutes les EnR déjà installées en Nouvelle Aquitaine. Plus précisément, elle produit déjà plus de 100% de ses besoins. Pourquoi y installer encore un autre projet éolien, pratiquement en plein milieu (500m) d'un village?
En conséquence, je vous remercie de rendre un avis défavorable.
Cordialement
Frédéric GAUTHEY
Contribution n°501 (Web)
Déposée le 22 mai 2026 à 10h28
Non à ce parc éolien de Cernay. Ce parc va contribuer à désorganiser la production de Civaux !
La France compte aujourd’hui plus de 10 500 éoliennes réparties sur son territoire. Pourtant, malgré ce déploiement spectaculaire, l’éolien ne fournit qu’un peu plus de 10 % de l’électricité consommée dans le pays. Les chiffres officiels révèlent ainsi un écart frappant entre l’ampleur des installations visibles dans le paysage et la quantité réelle d’électricité qu’elles produisent.
Un parc impressionnant… mais une production limitée et stagnante, laissez-moi préciser mon propos :
Si l’on additionne leur puissance théorique, l’ensemble du parc atteint environ 26 gigawatts 1. Ce chiffre peut sembler impressionnant : il correspond à peu près à neuf grandes centrales nucléaires.
Pourtant, malgré ce parc immense, après vingt-cinq ans de développement, la contribution de l’éolien reste modeste : un peu plus de 10 % de l’électricité consommée en France, et cette part a très peu progressé en 2025 malgré l’installation de centaines de nouvelles machines.
La raison est simple : la puissance affichée d’une installation ne correspond pas à ce qu’elle produit réellement sur l’année.
Pour comprendre cet écart, on peut comparer l’ensemble du parc éolien français avec une seule centrale nucléaire.
Notre centrale de Civaux, dans la Vienne, Elle peut à elle seule produire environ 20 térawattheures d’électricité par an.
À titre de comparaison, l’ensemble du parc éolien français produit environ 50 térawattheures par an.
En pratique, cela signifie qu’il faut plus de dix mille éoliennes pour produire à peine deux à trois fois l’électricité d’une seule centrale nucléaire comme celle de Civaux.
Cette différence s’explique le facteur de charge comme vs le savez.
Sur une année entière, une éolienne produit en moyenne environ 20-24 % de sa puissance théorique.
Une différence supplémentaire essentielle : la maîtrise de la production
Mais la différence la plus importante ne concerne pas seulement la quantité d’électricité produite.
Elle concerne la maîtrise de la production.
Une centrale nucléaire fournit une électricité stable et pilotable. Elle peut produire en continu et s’adapter aux besoins du réseau lorsque la consommation augmente.
L’éolien fonctionne différemment : sa production dépend entièrement du vent. Certaines journées, les éoliennes produisent beaucoup. D’autres jours, elles produisent très peu, voire pas du tout.
Cette situation est visible par tous : en traversant certaines régions, il n’est pas rare d’observer un jour des parcs d’éoliennes à l’arrêt, puis de les voir tourner le lendemain.
Or un réseau électrique doit rester équilibré à chaque instant. L’électricité doit être produite exactement au moment où elle est consommée.
Lorsque la production dépend du vent, il faut donc disposer d’autres moyens capables de produire immédiatement lorsque les éoliennes ne tournent pas.
Dans la pratique, deux solutions existent : soit construire ou maintenir des centrales thermiques pilotables, souvent au gaz, capables de produire lorsque le vent est insuffisant — c’est la voie qu’ont suivie certains pays très engagés dans l’éolien, comme l’Allemagne, qui a annoncé la construction de 50 nouvelles centrales à gaz — soit utiliser les centrales nucléaires existantes pour compenser les variations du vent, comme le prévoit en France la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3).
Mais cette seconde option pose des difficultés pratiquement insurmontables : les centrales nucléaires ont été conçues pour fonctionner de manière stable et continue. Les utiliser en permanence pour suivre les fluctuations du vent n’est pas leur mode de fonctionnement normal. Cela entraîne des contraintes techniques supplémentaires, une moindre efficacité économique et pourrait, à terme, soulever des questions plus sensibles liées à leur sécurité.
Ces réalités techniques rappellent une évidence : un système électrique fiable ne peut pas être construit simplement en additionnant des puissances installées.
Non a ce parc de Cernay qui va contribuer à déstabiliser comme en Espagne, comme en Allemagne notre réseau et notre production électrique.
On n'en a vraiment plus les moyens. Vous devez sentir d'ailleurs le ras le bol en lisant ttes ces observations sur ce site. Je pense.