Contribution n°7 (Web)
Déposée le 3 juin 2026 à 20h51
Or, le projet prévoit d’augmenter le prélèvement annuel de 230 000 m3 à 350 000 m3, soit une hausse de plus de 50 %, sans que le dossier ne démontre que le taux de recharge naturelle de la nappe est compatible avec ce niveau de prélèvement dans un contexte de changement climatique. Les années de restriction d’eau que le territoire a récemment connues illustrent pourtant la vulnérabilité de cette ressource.
De plus, aucune modélisation prospective de l’évolution du niveau piézométrique à l’horizon 2040-2050 n’est présentée dans les documents mis à disposition du public, ce qui rend impossible toute évaluation citoyenne sérieuse du risque de surexploitation.
Quelles sont les données piézométriques mesurées sur les dix dernières années pour la nappe d’Anthy, et sur quelle base le seuil de 350 000 m3 annuels a-t-il été fixé comme compatible avec le taux de recharge naturelle de l’aquifère ?
Contribution n°6 (Web)
Déposée le 1 juin 2026 à 14h39
L’ACLASS (association contre les atteintes au sous-sols) a pris la suite de l’association Non aux gaz de schiste. Nous intervenons dans les dossiers de lithium, carrières, FCC du Cern... Et donc, nous voulons donner notre point de vue sur la modification du périmètre du captage d’Anthy.
Nous pensons qu’il est nécessaire de refuser cette modification.
La première raison est que c’est un dossier lié à celui de l’A412, Rien n’aurait été fait sans cela. Nous trouvons cette information dans la réponse d’Amédéa à l’autorité environnementale. C’est à la p 27 (c’est dans les documents mis à disposition du public pour l’autorisation environnementale). Nous citons ; il apparaît que l’évitement de la zone de captage d’eau potable n’est pas techniquement réalisable sans remettre en cause la cohérence globale du projet ». Amédéa propose à la place des « mesures de réduction » (géomembrane, vannes automatiques). Le concessionnaire prétend que les travaux « n’atteignent jamais la nappe ». Or, les données hydrogéologiques (DREAL) rappellent que l’aquifère du Bois d’Anthy est surmonté d'une couverture morainique très hétérogène. Cette moraine ne constitue pas une barrière imperméable. Au contraire, elle comporte d'anciennes vallées sèches (comme aux Éply) où la moraine est décapée, ce qui facilite l'infiltration directe des eaux de ruissellement vers la nappe. Le retournement des terres, l'excavation et le trafic routier lourd au sein de cet impluvium non étanche font peser un risque permanent de pollution chronique (métaux lourds, résidus de pneus, hydrocarbures) et accidentelle. Les dispositifs artificiels d'étanchéité d'Amédéa ne remplaceront jamais la filtration naturelle qui va être détruite. Nous avons extrait les coupes du chantier prévu au-dessus du captage et dans la zone d’écoulement des eaux. Vous constaterez que s’il y a des remblais il y a aussi des déblais qui menacent la source et son approvisionnement. Les deux dossiers sont bien liés. Le droit à l'eau potable est un intérêt public supérieur à celui d'une liaison autoroutière. Admettre que le tracé traverse impérativement la zone de captage et s'en remettre à de simples mesures techniques de réduction démontre que le projet fait primer les contraintes routières et surtout financières sur la sécurité sanitaire de la population.
La deuxième raison est la mise à l’écart de la MRAe (Mission régionale de l’autorité environnementale). L’Autorité Environnementale a donné un avis en 2020 sur la demande de l’Agglo de faire un captage qui ne nécessitait pas d’enquête et d’autorisation environnementale. C’était donc avant la désignation du concessionnaire et la connaissance du tracé définitif. Mais, depuis l’autoroute devrait passer au dessus du périmètre de protection et en mélangeant les deux dossiers, l’Agglo embrouille le public. L’autorité environnementale n’a pas été saisie à nouveau par l’Agglo et vu l’importance des conséquences elle aurait nuancé certainement son avis et demandé une enquête et une autorisation environnementales. Le dossier de l’A412 ne devant souffrir aucun retard, l’Agglo a préféré ne pas saisir l’AE. Cela avait aussi été le cas lorsque l’Agglo n’avait pas inscrit le tracé de l’A412 dans les documents du PLUi du Bas-Chablais. L’Assemblée Nationale et le Sénat avaient dû faire une loi spéciale pour corriger cette manipulation.
Troisième raison : Notre territoire a subi de graves restrictions d'eau au cours des années précédentes, illustrant la fragilité de nos nappes phréatiques face au changement climatique. Thonon Agglomération cherche à travers l'enquête actuelle, à créer un nouveau forage pour porter le prélèvement annuel d'Anthy de 230 000 m3 à 350 000 m3 afin d'assurer l'autonomie totale de la commune. L'A412 pourrait détruire physiquement et hydrauliquement 7,5 hectares de zones humides à proximité, indispensables à l'éponge hydrique naturelle de notre bassin versant. Imperméabiliser des hectares de sols tout en augmentant les prélèvements est une hérésie physique qui menace le débit même du futur forage. De plus, le prélèvement colossal de 240 000 m3 d'eau prévu pour la seule phase de chantier dans le lac de Machilly (déjà asphyxié par les cyanobactéries) prouve le mépris du projet pour la ressource locale.
Nos questions ;
1)En zone de moraine décapée (secteur des Éply / Lauzenettaz), quelle est la garantie qu'aucune infiltration accidentelle n'aura lieu pendant la phase critique de terrassement?
2) Thonon Agglo a utilisé le Messager pour faire passer l’idée que l’enquête publique était pour un nouveau captage mais dans le dossier cette expression n’apparaît que deux fois et est prévue pour 2030-2035 sans plus de précision.
3)Comment Thonon Agglomération peut-elle garantir l'objectif de 350 000 m3 d'eau potable par an alors que l'autoroute détruit l'impluvium naturel qui alimente cette même nappe ?
4)Pourquoi aucune mesure compensatoire de désimperméabilisation d'envergure n'est imposée au concessionnaire sur le site de ses installations? Comme par exemple la station de concassage de Mésinges directement sur le bassin versant.
5) Dans les documents, il est noté que deux sources de rejet sont problématiques : celle de l’ISDI de la Colas au-dessus de Lausenettaz et celle de l’exploitation agricole du Rebaty mais il n’est pas précisé quelles mesures sont et seront mis en œuvre.
Pour toutes ces raisons l’ACLASS demande à ce que la modification du périmètre de captage soit refusé.
Veuillez agréer, Monsieur le Commissaire enquêteur, l’expression de notre considération la meilleure.
Documents joints
Contribution n°5 (Web)
Déposée le 27 mai 2026 à 20h37
Contribution n°4 (Web)
Déposée le 26 mai 2026 à 12h10
Il est anormal que ce projet ne soit pas en adéquation avec l'avis de l'Autorité Environnementale. L'Autorité Environnementale, dans son avis de novembre 2020 ne s'exprime que sur un nouveau captage. Pas sur le changement de périmètre pour permettre à l'A412 de passer. Cela remet donc complètement la tenue de cette enquête en question puisqu'il faut un avis de l'AE, mais un avis qui corresponde bien au motif de l'enquête.
De plus il n'est pas sans danger de modifier un captage de protection.
Visiblement on préfère rouler davantage (mais probablement pas plus vite, en vertu du trafic induit...) que de sécuriser la ressource en eau...
L'hydrogéologue parle d'un risque limité = c'est différent d'une absence de risque...
Contribution n°3 (Web)
Déposée le 19 mai 2026 à 16h06
Contribution n°2 (Web)
Déposée le 19 mai 2026 à 16h04
Contribution n°1 (Web)
Déposée le 19 mai 2026 à 07h22