Contribution n°939 (Web)
Déposée le 24 avril 2026 à 22h52
Contribution n°938 (Web)
Déposée le 24 avril 2026 à 22h49
Contribution n°937 (Web)
Déposée le 24 avril 2026 à 22h46
Projet « Istres Recyclage et Énergies » — Chaufferie CSR — SUEZ RV France
Enquête publique du 13 avril au 18 mai 2026
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Madame, Monsieur le Commissaire enquêteur,
Résidant Istréen, le projet de « chaufferie CSR » au lieu-dit La Grande Groupède à Istres appelle ma vigilance, au regard des éléments révélés publiquement, de l'avis rendu le 13 mai 2025 par la Mission Régionale d'Autorité Environnementale (MRAe) de PACA, et du contexte local déjà fortement dégradé.
La présente contribution formule des observations et questions précises auxquelles l'industriel devra apporter des réponses chiffrées et engageantes dans son mémoire en réponse.
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1. Une qualification contestée : chaufferie ou incinérateur ?
L'appellation de « chaufferie CSR » utilisée par SUEZ ne résiste pas à l'examen de la MRAe. Celle-ci relève explicitement dans son avis du 13 mai 2025 que « le projet initial de chaufferie de CSR avec un potentiel réseau de chaleur urbain présenté en réunion de cadrage avec les services de la DREAL s'apparente maintenant davantage à un incinérateur », loin des orientations du SRADDET.
La réglementation distingue pourtant précisément une véritable chaufferie CSR — dimensionnée selon un besoin local, conçue pour brûler de la biomasse en substitution et non dépendante d'une alimentation en déchets — d'une unité d'incinération déguisée.
Questions adressées à l'industriel :
- Qu'est-ce qui a changé entre la version présentée à la DREAL en réunion de cadrage et le dossier déposé ? Pourquoi ce glissement n'a-t-il jamais été expliqué publiquement ?
- Pouvez-vous démontrer, chiffres à l'appui, que l'efficacité énergétique de l'installation atteint le seuil R1 qui distingue réglementairement la « valorisation » de la simple élimination par incinération ?
- La MRAe juge le choix d'une unité de valorisation de déchets « type CSR » plutôt qu'une véritable chaufferie de CSR "insuffisamment justifié". Quelle est votre réponse précise à cette critique ?
- Pourquoi le projet n'est-il pas présenté explicitement comme une unité d'incinération ou de co-incinération, avec les contraintes réglementaires associées ?
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2. Un projet dimensionné à une échelle industrielle majeure
Le maire d'Istres, Robin Prétot, a publiquement évoqué "plus de 250 000 tonnes de déchets traités par an", avec un impact routier correspondant à "plusieurs dizaines, voire centaines de camions par jour". L'avis de la MRAe lui-même mentionne "50 poids-lourds supplémentaires par jour" rien que liés aux nouvelles activités.
Ce niveau d'activité correspond à une installation lourde, avec des impacts environnementaux et sanitaires proportionnels.
Je demande à l'industriel :
- La confirmation officielle et contractuellement engagée des volumes annuels traités (en distinguant méthanisation et chaufferie CSR séparément).
- La ventilation précise des flux : origine géographique, nature exacte des déchets, proportion de déchets hors département et hors région.
- L'impact réel et cumulatif sur le trafic local, la qualité de l'air et l'infrastructure routière.
- Le plan de transport alternatif envisagé (ferroviaire, fluvial) et les raisons pour lesquelles le transport par camion a été retenu comme solution principale.
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3. Un territoire déjà saturé — l'exigence d'une analyse cumulative
Le pourtour de l'étang de Berre est historiquement marqué par des décennies d'expositions industrielles cumulées : décharges (dont l'ancienne décharge d'Entressen), raffineries, industries chimiques, pollution chronique de l'air. Le maire d'Istres lui-même dénonce un territoire « traumatisé » par ces activités et déclare avoir découvert le projet "au troisième jour de son mandat, en lisant la presse".
Je demande à l'industriel :
- L'étude d'impact comporte-t-elle une analyse cumulative rigoureuse intégrant l'ensemble des sources de pollution industrielle existantes sur le bassin de l'étang de Berre ?
- Une évaluation sanitaire indépendante a-t-elle été réalisée, tenant compte de l'historique de surexposition de la population locale ?
- Pourquoi implanter une nouvelle installation de combustion de déchets dans l'un des territoires industriels déjà les plus chargés de France ?
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4. Une transparence démocratique gravement insuffisante
Le maire d'Istres affirme avoir découvert l'existence de ce projet « en lisant un article de Marsactu », au troisième jour de son mandat, décrivant un dossier « géré en parfait silence ». Des citoyens et associations ont appris l'existence du projet par voie de presse, à quelques semaines de l'ouverture de l'enquête publique.
Ce déficit de concertation en amont constitue une anomalie démocratique grave pour un projet de cette ampleur.
Je demande à l'industriel :
- Un historique précis et documenté de la concertation menée depuis l'origine du projet.
- La liste complète des parties prenantes informées en amont (élus, associations, riverains, services de l'État).
- Les engagements concrets de transparence pour la phase d'exploitation : accès aux données de surveillance, information en cas d'incident, instances de suivi citoyen.
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5. Un risque d'importation massive de déchets extérieurs à la région
La MRAe recommande explicitement de "circonscrire la zone de chalandise des intrants aux besoins prioritaires de la région PACA". Or, les volumes annoncés (250 000 t/an) excèdent largement ce que le gisement local peut justifier.
Je demande à l'industriel :
- La cartographie précise et engagée des zones d'approvisionnement.
- La part garantie contractuellement de déchets provenant exclusivement de la région PACA.
- Les garanties juridiques contre une dérive vers une « plateforme régionale ou nationale de déchets ».
- Comment l'industriel répond-il concrètement à la recommandation de la MRAe sur la zone de chalandise, et s'engage-t-il à la respecter par voie d'arrêté ?
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6. Une dépendance structurelle aux déchets contradictoire avec les politiques publiques
Une installation de cette taille nécessite un flux garanti et continu de déchets sur des décennies. Cela entre en contradiction directe avec les objectifs nationaux et européens de réduction des déchets à la source, de réemploi et de recyclage — qui figurent pourtant en tête de la hiérarchie réglementaire des modes de traitement.
Je demande à l'industriel :
- Quels sont les volumes minimum de déchets garantis contractuellement, et pour quelle durée ?
- Quels scénarios sont prévus si les gisements de déchets diminuent grâce aux politiques de prévention ?
- Comment ce projet est-il compatible avec les objectifs de la loi AGEC et de la directive-cadre Déchets ?
- Les incitations fiscales (exonération de TGAP) dont bénéficie l'installation ne créent-elles pas une incitation perverse à maintenir des flux de déchets élevés ?
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7. Les PFAS et les émissions atmosphériques : des lacunes majeures dans le dossier
C'est l'un des points les plus préoccupants du dossier. La MRAe, dans un avis sur un projet comparable de SUEZ RV France à Feyzin (Rhône, février 2025), a explicitement relevé qu'« il n'est pas fait état de la possible émission de composés perfluorés suite à l'incinération des CSR qui pourraient en contenir » et a demandé un suivi de ces émissions dans l'air.
L'arrêté ministériel du 31 octobre 2024 impose désormais à toutes les installations d'incinération et de co-incinération de CSR de mesurer 49 substances PFAS et le fluorure d'hydrogène dans leurs fumées, selon un calendrier échelonné jusqu'en 2028.
Par ailleurs, l'INERIS a établi que les températures de combustion des incinérateurs classiques (entre 750 °C et 1 100 °C) ne sont pas suffisantes pour garantir une minéralisation complète de tous les PFAS.
Je demande à l'industriel :
- L'étude d'impact analyse-t-elle les émissions de PFAS ? Si non, pourquoi, et comment l'industriel entend-il se conformer à l'arrêté du 31 octobre 2024 ?
- À quelle température fonctionnera l'installation, et quelles preuves techniques sont apportées quant à la destruction effective des PFAS à cette température ?
- À quelle date précise sera réalisée la campagne obligatoire de mesure des 49 substances PFAS ?
- L'industriel s'engage-t-il à aller au-delà de ces 49 substances, alors qu'il en existe plusieurs milliers de connues ?
- Quelle est la composition exacte des CSR brûlés en termes de matériaux contenant des PFAS (mousses, textiles synthétiques, plastiques fluorés, emballages alimentaires) ?
- Les rejets aqueux issus du traitement des fumées ont-ils été analysés pour détecter une contamination aux PFAS des eaux locales et de l'étang de Berre ?
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## 8. Les autres émissions atmosphériques et l'impact sur la santé des riverains
Au-delà des PFAS, la combustion de CSR (composés à forte proportion de plastiques) génère des dioxines, furanes, métaux lourds, particules fines PM2,5 et oxydes d'azote. Des études menées autour d'incinérateurs en fonctionnement ont montré la présence de ces polluants dans des filtres à air d'écoles primaires situées à moins de 1,5 km.
Je demande à l'industriel :
- À quelle distance se trouvent les établissements scolaires, crèches et zones habitées d'Istres et des communes voisines par rapport à la cheminée de l'installation ?
- L'étude d'impact intègre-t-elle une évaluation des risques sanitaires spécifique pour les populations sensibles (enfants, personnes âgées, malades chroniques) ?
- Quels niveaux d'émission sont prévus en fonctionnement normal, et quelle est la marge par rapport aux seuils réglementaires ?
- L'industriel s'engage-t-il à rendre publiques en temps réel les données de surveillance des émissions via un portail accessible aux riverains ?
- En cas de dysfonctionnement (panne du système de traitement des fumées, pic de mistral), quelles sont les procédures d'urgence et les mécanismes d'alerte de la population ?
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9. L'impact sur l'étang de Berre et les milieux naturels
L'étang de Berre est un milieu déjà fragilisé par des décennies de pollution industrielle. Les retombées atmosphériques d'une installation de combustion de cette taille peuvent affecter les eaux, les sédiments, la faune et la flore de cet espace naturel.
Je demande à l'industriel :
- Une étude spécifique des retombées atmosphériques sur l'étang de Berre a-t-elle été réalisée, avec des valeurs limites engagées sur les dépôts dans le plan d'eau ?
- L'évaluation des incidences Natura 2000, incluse dans le dossier, prend-elle en compte les effets cumulatifs avec les autres installations industrielles riveraines de l'étang ?
- Quelles mesures de surveillance des sédiments et des espèces sont prévues en phase d'exploitation ?
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10. Les nuisances locales : bruit, odeurs, incendies
Le projet implique le stockage de volumes importants de déchets à fort pouvoir calorifique.
Je demande à l'industriel :
- Quelles sont les mesures concrètes pour prévenir et détecter les risques d'incendie sur les stockages de CSR ?
- L'évaluation sonore a-t-elle été réalisée en conditions nocturnes et lors des périodes de mistral ?
- Quels dispositifs de captation des odeurs sont prévus pour les stockages de biodéchets et de CSR ?
- Quels plans d'urgence existent en cas d'incident majeur (incendie, explosion, fuite de polluants) ?
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11. Cohérence réglementaire et évolution du cadre législatif
Je demande à l'industriel :
- Comment ce projet se positionne-t-il par rapport à la révision en cours de la directive européenne IED (émissions industrielles), susceptible d'imposer des normes plus strictes d'ici la mise en service prévue en 2029 ?
- Le dossier prévoit-il une clause d'adaptation en cas de durcissement réglementaire ?
- Qui finance l'étude d'impact, et quel est le bureau d'études qui l'a réalisée ? Ce bureau entretient-il des liens contractuels réguliers avec SUEZ ou ses filiales ?
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Conclusion
Au regard de l'ensemble des points soulevés — ambiguïté sur la nature réelle du projet relevée par la MRAe elle-même, dimensionnement industriel considérable, déficit de transparence démocratique, lacunes sur les PFAS et les émissions, impact sur un territoire déjà fragilisé, et contradiction avec les politiques publiques de réduction des déchets — ce projet soulève des doutes sérieux et documentés quant à sa pertinence, sa légalité et sa compatibilité avec les enjeux environnementaux et sanitaires locaux
En l'absence de réponses précises, chiffrées et juridiquement engageantes à l'ensemble de ces questions, il apparaît nécessaire que le commissaire enquêteur rende un avis défavorable à ce projet.
Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur le Commissaire enquêteur, l'expression de ma considération distinguée.
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Contribution déposée dans le cadre de l'enquête publique ouverte du 13 avril au 18 mai 2026.
Sources : avis MRAe PACA du 13 mai 2025, article Marsactu du 1er avril 2026, déclarations du maire d'Istres (Maritima, avril 2026), arrêté ministériel du 31 octobre 2024 sur les PFAS, rapport INERIS sur la destruction des PFAS par combustion.
Contribution n°936 (Web)
Déposée le 24 avril 2026 à 22h27
Contribution n°935 (Web)
Déposée le 24 avril 2026 à 22h18
Contribution n°934 (Web)
Déposée le 24 avril 2026 à 22h17
Contribution n°933 (Web)
Déposée le 24 avril 2026 à 21h41
La région va devenir irrespirable.
Contribution n°932 (Web)
Déposée le 24 avril 2026 à 21h30
- d’abord parce que incinérer, c’est polluer et qu’il va s’en dégager des particules toxiques. Soit disant il y aura un système de filtrage des fumées mais cela ne règle pas les problèmes mais va seulement les transférer
- on devrait plutôt engager des plans pour permettre rapidement la diminution des déchets : disparition du gaspillage, développement de filières performantes d’écoconception, de tri, de réemploi ou de recyclage.
En ce sens, les déchets seront moins riches en combustible et leur quantité réduite. Alors veut-on réduire les déchets ou produire un combustible ?
- la combustion va contribuer massivement au réchauffement climatique. C’est exactement ce qu’il faut arrêter non ?
Le coût de l’enfouissement des déchets est en hausse. Ce projet a un seul but : renfloué encore plus les entreprises qui utilisent la chaleur et revendent l’électricité produite.
Je suis totalement contre ce projet !!!!
Contribution n°931 (Web)
Déposée le 24 avril 2026 à 21h27
J’ai peur des nuisances que cela risque d’engendrer sur la santé des citoyens, sur notre carde de vie et sur la nature ainsi que notre agriculture.
De plus j’ai une pensée particulière pour les pompiers qui sont à proximité de ce centre et qui subissent suffisamment de désagréments. Stop!
Contribution n°930 (Web)
Déposée le 24 avril 2026 à 21h19
Comme habitant de la commune d'Istres, je suis attaché à la qualité de notre air, à notre environnement et à la santé de nos enfants. Nous vivons ici, nous respirons cet air chaque jour, et nous sommes les premiers concernés.
Mon inquiétude porte sur les émissions polluantes, les effets cumulés sur la santé publique, et les conséquences à long terme pour les générations futures. Nos enfants méritent de grandir dans un environnement sain, pas sous la menace de nouveaux risques industriels.
Au nom du principe de précaution, je demande que ce projet soit reconsidéré et que des alternatives plus respectueuses de la santé et de l’environnement soient privilégiées.
Je rejoins cette enquête publique pour faire entendre une voix simple mais essentielle : protéger l’air, protéger nos enfants, protéger notre territoire.